Matthieu pas à pas

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Matthieu pas à pas

Soeur Sandrine Letrou

Je suis un pur produit de « Carême dans la ville ». Ce site m’a fait découvrir l’Ordre. Quelques années après, je suis entrée dans la Congrégation des Soeurs Dominicaines de l’Immaculée Conception (DIC) en 2010. Juriste privatiste de formation, j’ai longtemps enseigné à l’université et en IUT. Aujourd’hui, je suis directrice d’un foyer d’étudiantes à Rennes. J’exerce comme avocate au sein de l’Officialité et suis aumônier au sein d’un service de soins palliatifs dans un centre anti cancer Rennais. Je poursuis actuellement un cursus de droit canonique.

Comment te viennent les idées ?

Par principe, j’ai horreur de lire la même chose plusieurs fois. Mais plus je me plonge dans la Bible moins je lis la même chose. J’essaie donc de me disposer à regarder le texte avec un œil neuf. Une première lecture sans penser à quoi que ce soit, simplement me laisser happer et surprendre par le texte, m’est toujours nécessaire. Puis, une seconde lecture commence à faire germer des contradictions, des questions, des étonnements. Viennent les premières idées qui sont jetées sur une page de traitement de texte, en vrac. Ensuite, je laisse cheminer, cela m’habite… C’est une forme de lectio divina qui s’effectue. Le fil rouge du passage apparaît, il faut alors rédiger les premiers mots, creuser, puis peaufiner, laisser venir à maturation.

Qu’est-ce que tu as découvert de l’évangile de Saint Matthieu ? Son axe principal pour toi ?

Je suis émue en pensant que Saint Dominique connaissait par cœur cet évangile. Etudier plus à fond cet évangile me fait marcher sur les pas de deux hommes importants pour moi, le Christ et Saint Dominique. J’y découvre les traits de caractères de Jésus, toute sa tendresse. Cela me fait comprendre comment la miséricorde de Dieu se déploie, y compris dans les actes de notre vie quotidienne. J’aime particulièrement ces renvois réguliers à l’Ancien Testament.

Influence de la lecture de la Parole de Dieu sur tes ministères ?

La lecture de la Parole est un besoin vital que je ressens depuis bien longtemps. C’est une respiration indispensable, un cœur à cœur, qui me permet de prendre des forces. Que ce soit à l’Officialité ou dans un service de soin palliatifs, il existe bien des difficultés et pauvretés humaines auxquelles nos contemporains sont confrontés sans toujours avoir près d’eux une oreille attentive ou une épaule qui peut consoler.
Cette Parole m’aide à être présence auprès des autres, à changer mon regard et mon écoute.

Frère Grégoire Laurent-Huyghes-Beaufont

Je suis frère Grégoire, j’ai 32 ans. Après avoir été enseignant de lettres classiques dans le secondaire, je suis entré chez les dominicains en 2011, et je poursuis une formation en exégèse biblique à Lyon.
Je suis aussi actif à TheoDom depuis sa création, pour faire découvrir les richesses et les moyens de la théologie. Et il y a aussi la poésie, celle des autres et la mienne. 

Comment te viennent tes idées ? 

Je commence par faire ma lectio divina, c’està-dire une méditation priante de la Parole, avec les textes que j’ai à commenter. Puis je laisse reposer quelques jours, quelques semaines, en y revenant de temps en temps … Il y a souvent une phrase, une atmosphère, ou bien un ton de voix chez le Christ qui va m’accrocher, me gêner ou me plaire, sans que je sache trop pourquoi. C’est ça que je vais creuser en me mettant à écrire.
Dom André Louf, ancien abbé du Mont des Cats, expliquait sa prédication ainsi : « je m’expose à la Parole et je dis à mes frères où j’en suis ». Je trouve que c’est assez juste  : mettre au clair, pour moi et pour les autres, ce que j’entends et comprends aujourd’hui de cette Parole.

Qu’as-tu découvert dans l’Évangile de Matthieu ? 

Des quatre Évangiles, celui de Matthieu est celui qui est le plus difficile pour moi. Je l’ai dit dans une méditation : le Christ y a un visage et une voix un peu rudes, durs même parfois. Je suis plus à l’aise avec saint Luc. Donc, travailler sur Matthieu, ça me sortait un peu de mon confort.
Ce que j’ai re-découvert, c’est que le Christ, chez Matthieu, est vraiment un Juif : il  a l’accent hébreu, le beau visage d’un fils d’Israël. Et puis, j’ai été frappé, en tout cas dans les passages que j’avais à commenter, par le fait qu’il parle beaucoup du jugement, de son retour dans la gloire, de la fin des temps : pas pour faire peur, mais pour aiguiser notre désir.
Puisque c’est ça, qu’on attend, qu’on espère, comme on le dit parfois machinalement à la messe : « nous attendons que tu viennes ».

Frère Hervé Ponsot

Je suis un jeune frère dominicain de 67 ans, formé initialement à l’étude du Nouveau Testament, que j’ai enseigné à l’Institut catholique de Toulouse.
Mais l’Ordre des Prêcheurs m’a aussi sollicité pour de multiples et diverses tâches de formation et d’accompagnement de frères ou de groupes (Équipes Notre-Dame, Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens…), qui m’ont conduit entre autres à Jérusalem ou en Haïti.
Aujourd’hui en retrait(e), je continue à accompagner, enseigner, mais surtout à écrire, en visant un public plus large que dominicain ou universitaire, en particulier les familles d’enfants « différents », via mon blog principal (proveritate.fr) ou les réseaux sociaux.
Mes deux derniers livres aux Éditions du Cerf : Combat, sur le combat spirituel, et Pour (re)commencer à croire, sur quelques points de base de la foi chrétienne. Tous deux sont largement des commentaires bibliques.

La place de la Bible ?

Au départ, un choix de mes formateurs, qui constataient mes facilités pour la langue, mon intérêt pour l’histoire… Je passe donc deux ans à Jérusalem (1981-1983) où, lorsque j’arrive, on me demande d’emblée « ma spécialité » : je n’en ai pas, je viens tenter d’en acquérir une. Ce sera autour de l’œuvre de Paul et les Actes des Apôtres : ma formation économique antérieure à mon entrée dans l’Ordre m’invite à réfléchir sur la gratuité de Dieu dont saint Paul est l’un des hérauts. Cette thématique continue de m’habiter et fera peut-être un jour l’objet d’un livre.
L’étude biblique me dévoile peu à peu la figure du Christ, et me révèle aussi à moi-même : les questions que je pose au texte pour tenter d’y voir plus clair sont toujours des questions que je me pose personnellement. Il est facile d’y reconnaître la situation de n’importe quel prédicateur face au texte biblique qu’il doit commenter.

Un moment marquant dans ma vie récente ?

Trois jours avant Noël 2016, lors d’un passage à Paris, j’ai la chance de pouvoir être accueilli dans la famille Clermont, pour visiter leur fils Gaspard, atteint d’une maladie dégénérative qui devait l’emporter un mois et demi plus tard : il est devenu par la médiation de ses parents une figure marquante de Facebook. Je le trouve couché, ses magnifiques yeux bleus me percent, malgré son regard aveugle : je suis atteint au plus profond de moi, et ne serai plus jamais exactement le même ensuite. J’écris dans la foulée ma prédication du jour de Noël, que je publie et qui va atteindre plus de dix mille personnes.
Mes activités d’aujourd’hui, et en particulier les rencontres avec les familles d’enfants « différents » sont toutes, directement ou indirectement, les fruits de cette visite. J’en témoigne abondamment sur mon blog.

Avec Matthieu pas à pas, commencez quand vous voulez !

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Frère Yves Habert présente Matthieu pas à pas

Le frère Yves Habert nous présente notre nouveau parcours biblique : Matthieu pas à pas.

 

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L’équipe de Retraite dans la Ville

Frère Cyrille-Marie Richard

cyrillemarietinyJ’ai 41 ans. Après avoir enseigné les mathématiques dans un lycée durant 5 ans, je suis entré dans l’ordre dominicain en 2006. Mes études ont été orientées dans une direction biblique. Je suis aumônier de scouts et d’étudiants et j’enseigne la sainte Ecriture à des laïcs et à des religieuses. Je suis aussi passionné d’orgue et de montagne.

Comment te viennent les idées ?

En lisant attentivement un extrait biblique, on tombe souvent sur un hic, une difficulté que l’on n’avait pas repérée sur un texte que l’on croit – à tort – trop connaître. Par exemple, Matthieu quitte tout pour suivre Jésus, mais on s’aperçoit au verset suivant qu’il reçoit Jésus dans sa maison ! Comment expliquer cette contradiction ? C’est en commençant à essayer de résoudre ces difficultés qu’on entre vraiment dans la compréhension de l’Écriture sainte. La Bible n’a pas été écrite pour raconter des banalités.

Qu’est-ce que tu as découvert de l’Évangile de Matthieu ? L’axe de cet Évangile pour toi ? 

Cet Évangile impressionne par sa structure, monumentale et magnifique, avec ses cinq grands discours suivis de récits. L’Évangile de saint Luc est celui qui me plaît le plus, celui vers lequel je me tourne le plus régulièrement. Mais j’ai besoin de relire l’évangile de saint Matthieu, qui me rappelle, mieux que les autres, la grandeur infinie du Seigneur Jésus. Et puis, saint Dominique connaissait par cœur cet évangile et le portait toujours sur lui. L’insistance de saint Matthieu sur l’importance de l’Église et, plus encore, sur Jésus dispensateur de la Loi Nouvelle a sans doute beaucoup influencé la spiritualité dominicaine.

Ta lecture de l’Écriture et ton boulot à Strasbourg, tes apostolats, comment ça interagit ? 

Le contact avec des étudiants me montre à quel point il y a un grand besoin de revenir sans cesse à la parole de Dieu. Sans ce lien, la foi chrétienne risque d’être réduite à un système religieux parfait, mais clos et sans vie. L’aumônerie scoute me prouve qu’on tire un grand profit spirituel à lire ne serait-ce que quelques versets par jour. Il faut donc expliquer la Bible aussi simplement que possible… ce que je vais tenter de faire !

Soeur Carine Michel

soeurcarinetinyJe suis entrée dans la Congrégation Romaine de Saint Dominique (CRSD) en 2014. Auparavant j’étais contrôleur de gestion dans le domaine des énergies renouvelables. Aujourd’hui, je poursuis des études de théologie avec une mission en aumônerie d’étudiants. Par ailleurs, je suis bénévole dans une association de micro-crédit.

Comment te viennent les idées ?

Pour écrire une méditation, j’ai besoin de lire une première fois le texte et de le laisser cheminer. Je le relis un peu plus tard en étant attentive aux mots qui arrêtent mon attention. Ces mots constituent un fil rouge qui se déploie dans une réflexion. Ces idées font écho avec d’autres textes de la Bible. C’est d’abord un exercice de Lectio divina. Le premier jet d’écriture n’est pas difficile, car il est le fruit de cette contemplation. Ensuite vient le temps de la relecture critique, et là, c’est quelquefois plus douloureux. Il faut tenir dans le format Retraite dans la ville sans perdre de vue les fruits de sa contemplation. C’est une forme de prédication complètement nouvelle pour moi.

Qu’est ce que tu as découvert ?  L’axe de cet évangile pour toi ?

J’ai découvert et apprécié les répétitions du texte qui cherchent à nous transmettre le message avec beaucoup de pédagogie. Le génie est souvent dans les détails. Les paroles de Jésus et les signes rejoignent souvent l’Ancien Testament. Les correspondances entre textes sont très riches. Elles permettent de déployer le texte. Elles fonctionnent parfois aussi à l’intérieur de l’évangile selon saint Matthieu.

Influence de la lecture de la Parole de Dieu sur ton ministère ?

Mon entrée dans la vie religieuse a été précédée par plusieurs années de méditation et de contemplation des Ecritures. Aujourd’hui, mes études de théologie me donnent une autre approche du texte biblique. Et je partage la joie de l’écoute de la Parole de Dieu avec les étudiants de l’aumônerie, lors des partages bibliques.