Avent 2018

Vidéo Avent dans la Ville 2018

Qui sommes-nous ?

Frère Sylvain Detoc

detoc700koPendant cette semaine sainte, le frère Sylvain Detoc nous accompagne. Chaque jour, il décline la vocation des enfants de Dieu relevés ou qui se relèvent par la grâce.

Frère Sylvain, plutôt que « d’être relevé » tu parles de « processus de relèvement ». N’y a-t-il pas des moments où nous pouvons être pleinement relevé ?

Il y a en effet des personnes qui ont fait un jour l’expérience d’être relevées par le Christ. Cet événement est un repère pour elles, il garde un goût de plénitude. Mais il faut être réaliste. Ce relèvement n’est pas un point final. C’est un point de départ. Notre vie chrétienne consiste à aller de « relèvement en relèvement », pas à faire du surplace. Sinon, gare aux désillusions…

Avec un autre frère, vous venez de relancer une aumônerie dans une école à Lyon, comment se sont déroulés les débuts ?

Nous avons été comme précédés. Nous pensions repartir de zéro, car l’aumônerie avait cessé de fonctionner depuis quelques années. Mais il y avait des pierres d’attente chez ces jeunes. Quelques-uns avaient participé aux JMJ avec des frères dominicains l’été d’avant. Le contact en a été plus facile. Ils ont formé un noyau amical et ont entraîné d’autres jeunes. Nous n’avons fait qu’aider le mouvement !

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

C’était il y a presque dix ans, quand j’ai reçu l’habit dominicain. Le supérieur m’a posé cette question : « Que demandez-vous ? » ; j’ai répondu, comme chaque frère : « La miséricorde de Dieu et la vôtre ». Je suis rentré dans l’Ordre de saint Dominique parce qu’il m’a été donné de rencontrer des frères en qui j’ai pressenti l’amitié de Dieu. Je me suis dit que ça valait la peine de me lancer dans cette aventure, vieille maintenant de 800 ans !

 

Soeurs dominicaines du Monastère d’Orbey

soeursOrbey-700koCette semaine, les moniales dominicaines d’Orbey près de Colmar prennent la plume (ou le clavier) pour nous partager les fruits de leur contemplation. La sœur Jean-Thérèse, prieure de la communauté répond à nos questions.

 

 

Sœur Jean-Thérèse, dans votre méditation, vous dites que vous êtes entrée au monastère pour aimer. Comment votre vie de moniale répond à cette attente ?

J’ai vite compris que le commandement de Jésus de nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés dépasse complètement mon amour humain et qu’il s’agit de demander au Seigneur, au jour le jour, son amour, qu’Il vienne aimer en moi.

Vous accueillez de nombreux hôtes au cours de l’année, que viennent-ils chercher ?
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Je pense qu’au fond d’eux mêmes il y a une quête de Dieu qu’ils ignorent souvent (parce que le Seigneur les cherche aussi de son côté) ; ils disent qu’ils viennent pour se ressourcer « spirituellement » ou pour voir plus clair dans leur vie sur certaines questions.

Pouvez-vous nous partager un moment dans votre vie où vous avez fait l’expérience d’être relevée ?
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A chaque fois que je me confesse et reçoit le pardon du Seigneur.

 

 

 

 

 

Frère Alain Riou

En lecteur attentif de la Bible, le frère Alain Riou du couvent St Thomas d’Aquin à Lille nous propose cette semaine de méditer le récit du serpent de bronze du Livre des Nombres dans l’Ancien Testament.

riouFrère Alain, dans l’Ancien Testament, Dieu interdit les idoles c’est-à-dire les statues. D’ailleurs, Moïse, lorsqu’il descend du Sinaï se met en colère contre le peuple qui s’est fabriqué un veau d’or. Alors pourquoi ici un serpent de bronze ?

Oui, mais là, pour le serpent de bronze, c’est Dieu qui le demande ! Dieu est toujours surprenant, il doit avoir une idée derrière la tête… Vous allez la découvrir à travers les méditations.

Tu es un lecteur assidu de la Bible. Qu’est-ce qui te passionne dans cet ensemble de livres ?

Je répéterai ce que j’ai entendu d’une théologienne anglaise, Janet Martin-Soskice, qui enseigne à Cambridge : « La Bible, ce n’est pas un recueil d’histoires morales et pieuses qu’on raconte aux enfants pour les aider à s’endormir, c’est parfois plein d’horreurs, choquantes, mais en même temps s’y trouvent les perspectives les plus profondes que j’ai jamais entrevues sur l’être humain et sur la vie. » Dans la lecture de la Parole de Dieu, je m’attache moins aux « idées » – car nous risquons toujours d’y projeter nos vues, nos attentes –, mais d’abord au texte, à la manière dont il dit, aux mots mêmes. Il ne s’agit pas de fétichiser un texte, mais d’y entendre des consonances avec d’autres passages, et avec la vie. La Bible me donne des mots pour lire et dire ma vie, notre vie.

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

C’était en 1968, à l’automne, donc peu après le fameux mai et ses tribulations. Je devais faire profession solennelle à la Toussaint, mais certains frères avaient émis un avis défavorable, et du coup le provincial a décidé de retarder la profession d’un an. Cette décision a choqué certains autres frères, qui la trouvaient inacceptable et m’ont conseillé de faire appel à Rome. J’ai refusé, parce que quelque chose d’aussi massif ne pouvait pas ne pas porter une parole de Dieu. J’ai cherché à comprendre, mais plus je cherchais, moins j’y voyais clair. Est venu un moment où j’ai pu me dire : « Si lors du prochain entretien, le provincial m’accepte à la profession pour Noël, je ferai profession ; sinon, je ne la renouvellerai pas, et je partirai. » Je n’avais aucune idée de ce que j’allais devenir, et ne m’en préoccuperais qu’en son temps. Puisque je suis ici, tu peux deviner quelle fut la réponse du provincial. Mais je peux dire que pendant les deux semaines qui ont suivi, dans l’attente de cette réponse, je ne me suis jamais senti aussi libre dans ma vie, aussi en paix : tout pouvait arriver, tout. Et finalement, cette secousse, je l’ai reçue comme un cadeau inouï, sur le seuil de cette profession définitive.

 

Frère Gabriel Nissim

Pour cette troisième semaine de carême, le frère Gabriel NISSIM du couvent du Saint-Jacques à Paris nous invite à nous regarder autrement, nous-même autant que les autres : comme un temple saint de Dieu.

fr. Gabriel NissimFrère Gabriel, dans tes méditations, tu parles d’une humanité en ruine. Qu’est-ce qui te donne de l’espérance en une humanité reconstruite ?

Je suis émerveillé par tant de gens qui ouvrent les yeux sur les autres et se mobilisent, comme ces parents d’une école lyonnaise qui ont refusé que des camarades d’école de leurs enfants soient contraints de vivre dans la rue. Il y a, ici et ailleurs, une générosité formidable, toute simple et quotidienne. L’Esprit saint est là !

Tu es engagé au sein de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture). Qu’est-ce qui te marque le plus dans l’action de cette association ?

La fraternité et la fidélité ! Une fraternité palpable quand nous nous retrouvons qui en fait une vraie communauté chrétienne – un « temple saint de Dieu ». Une fraternité avec les victimes que nous défendons, que nous accueillons. La fidélité de tant de nos membres qui, depuis vingt ou quarante ans parfois, se battent pour ces victimes de la cruauté déshumanisante et de la peine de mort – et prient aussi pour les bourreaux.

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

Ce sont la lumière et la beauté qui me rendent courage quand je ne tiens plus le coup. L’amitié plus encore. J’ai besoin du témoignage concret que, malgré tout ce que souffre l’humanité, le soleil est là, que la lumière est déjà parfois plus forte que les ténèbres : « la lumière s’est levée dans les ténèbres, et les ténèbres n’ont pu l’arrêter ».

Semaine témoignage

Après le frère Adrien Candiard, six personnes ont accepté de donner un témoignage personnel. Ce qui les relie : le Christ. Ces hommes et ces femmes ont été relevés, chacun à leur manière, par la présence en leur vie du Ressuscité. Présence dont il leur faut témoigner.

Audrey est une fidèle de Retraite dans la Ville. “La Parole m’a rendu la parole,” dit-elle, et l’écriture est le moyen d’essayer de la partager.

logo-apaFlorence est membre de lAssociation pour l’Amitié (APA). Elle vit ainsi en colocation solidaire, avec des personnes qui étaient sans domicile fixe. Au coeur de son action : la lutte contre l’exclusion par la rencontre et la vie partagée.

stdenis2Soeur Hubert-Dominique  appartient à la Congrégation Romaine de Saint Dominique, petite communauté de trois religieuses établies à Saint-Leu – Saint-Gilles, église ouverte en plein coeur de Paris, rue Saint-Denis.

 

François a connu la prison. Libéré, il témoigne aujourd’hui de la rencontre qui a retourné sa vie.

casa-madre-vecchia-foto2Le Cenacolo est une communauté, véritable école de vie, qui accueille des jeunes en situation d’addiction et souvent marginalisés. C’est là que Killian a retrouvé le sens de la sienne.

 

 

lazarre2Camille appartient à la fraternité Lazare de Béthanie, inspirée par la vie du père Lataste, dominicain. Ses membres se veulent preuve vivante que le pardon, l’espérance et la vie fraternelle sont toujours possibles quel que soit le passé.