Matthieu pas à pas

Vidéo teaser Matthieu pas à pas

Carême dans la Ville

Frère Jacques Ambec

Entré dans l’ordre en 1968 comme frère coopérateur, le frère Jacques vit au couvent de Toulouse où il accompagne des personnes malades du sida. Il a écrit l’Évangile de la compassion et Vivre l’Évangile avec St Martin de Porrès.

 

Dans vos méditations, vous parlez plusieurs fois de votre vie de religieux dominicain. Dans cette vie, qu’est-ce qui est le plus difficile et qu’est ce qui vous donne la plus grande joie ?

La nature de l’Ordre Dominicains reste liée au sacerdoce et il n’a pas été toujours facile pour moi, frère coopérateur (non ordonné) de trouver sa juste place ; J’assume aujourd’hui pleinement ma vocation ayant trouvé ma fonction dans la communauté par le service de l’accueil à la porterie du couvent, avec les visites des personnes âgées et malades sur notre paroisse et avec l’association SELF auprès des personnes malades du sida.

Vous êtes engagé dans l’association SELF (Sida, Espérance, Lumière et Foi) qui accompagne des personnes malades du sida. Cette mission a-t-elle modifié votre regard ?

Oui, j’apprends tous les jours à ne pas porter un jugement sur ces personnes par l’écoute, l’attention prévenante, la patience pour les accompagner et leur témoigner que malgré leur conduite risquée qui les a faits basculer dans le monde du sida, elles sont dignes toujours d’être aimées comme elles sont, respectées et considérées. Le sida ne juge pas, il tue encore aujourd’hui. Ces personnes malades ne nous demandent pas de la pitié, mais de l’amour.

Pouvez-vous nous partager une expérience où vous croyez que votre foi vous a sauvé ?

Ma plus grande joie que nous partageons avec notre association SELF, quand nous conduisons ces jeunes malades non pas à la mort, mais à la vie avec Dieu et ils s’en vont d’une manière calme et apaisée après un long parcours difficile et beaucoup retrouvent le chemin de la foi. Pour moi, c’est toujours le miracle merveilleux de l’amour, plus fort que la mort. Je pense à Yves qui au début était révolté et au bout de trois ans de lutte et de combat contre le virus il était devenu calme et il est parti apaisé entouré des siens.

 

Frère Charles Desjobert

Le frère Charles Desjobert, Dominicain au couvent de Lyon est le prédicateur de ces premiers jours de carême.

 

Dans votre première méditation, vous parlez de la foi comme un projet fou, pourquoi ?

Toute notre vie chrétienne a quelque chose d’un projet fou. On pourrait s’imaginer que notre foi, c’est grosso modo un oui donné à Dieu et à quelques grandes vérités. Mais la foi est bien plus dynamique qu’une simple signature au bas du texte du Credo. La foi nous est donnée, elle nous traverse de part en part, elle vient de Dieu et nous embarque vers Dieu. Elle nous fait voyager vers des régions inconnues sur un chemin qui, lui, est bien assuré : le Christ. Elle est le projet fou de Dieu sur notre vie humaine : la conduire à la plénitude de la grâce, à la perfection de la Charité. Et tout ça sans nous faire quitter terre. Et là encore, c’est fou.

Vous suivez actuellement des études pour devenir architecte du patrimoine. Comment ce travail prend-t-il place dans votre vocation dominicaine ?

Comme dominicain, je cherche à annoncer Dieu par toute ma vie. Alors mes passions et mes talents peuvent être au service de cette belle mission chrétienne. J’ai fait des études d’archi avant d’entrer dans l’Ordre. Pourquoi ne pas mettre cette passion à profit ? De la physique à la philosophie en passant par la médecine, tout ce qui touche l’homme regarde aussi Dieu. Comment restaurer et faire vivre nos églises ? Par quels moyens bâtir une ville plus humaine ? Qu’est-ce qu’un espace sacré ou un couvent dominicain pour le XXIe siècle ? Autant de questions à approfondir en connaissant mieux notre patrimoine mais aussi autant de façon d’interroger autrement ma foi. Sans parler de l’importance d’aller rencontrer les gens hors de nos sacristies, par exemple dans les différents milieux professionnels que touche l’architecture.

Pouvez-vous nous partager une expérience où vous croyez que votre foi vous a sauvé ?

J’étais l’an dernier en Centrafrique. Nous construisions un couvent dominicain à Bangui. C’était la guerre et la situation devenait de plus en plus volatile. Un matin de mai, un ouvrier du chantier s’approche et me demande : « et si la situation empire, vas-tu partir toi aussi ? » Je n’avais pas trop réfléchi à la question et répondis un peu naïvement : « si mon supérieur me le demande, je rentrerai ». Une manière habile de me défausser peut être. Et lui, de me lancer sans ambages : « tu n’as pas le droit de faire ça ! Tu ne peux abandonner tes frères. » Un choc ! Comme si, à travers ce maçon, Jésus m’interpellait. Il me confiait une mission – demeurer avec mes frères – et simultanément me donnait la force pour l’accomplir. Ma foi était remuée, intérieurement j’étais raffermi, j’étais vivifié et sauvé. Sans peur, je suis resté.

Série vidéo : la foi en actes

Chaque samedi, Sophie et Thomas vous partagent leur expérience dans une série de 7 vidéos : la foi en actes.

LA FOI EN ACTE 1 – “RESTER JEÛNE”
LA FOI EN ACTE 2 – “PRIER DANS LE SECRET”
LA FOI EN ACTE 3 – “SAVOIR DONNER”
LA FOI EN ACTE 4 – “S’ENGAGER DANS L’EGLISE”
LA FOI EN ACTE 5 – “PARLER DE DIEU”
LA FOI EN ACTE 6 – “PASSER À L’ACTE”
LA FOI EN ACTE 7 – “LIRE LA BIBLE”

frère Benoît Ente présente Carême dans la Ville 2019

Savez-vous que vous avez en vous une force que vous n’imaginez pas ? Votre foi !
« Ta foi t’a sauvée » est le thème de la retraite de Carême 2019.
Ravivez votre foi avec les méditations quotidiennes et la mini série-vidéos ‘la foi en actes’.
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Je te reçois et me donne à toi

S’engager avec un autre pour toute sa vie, sans savoir ce qui arrivera, sans savoir ce qu’il deviendra dans 20 ou 30 ans ? Voie sans issue ou au contraire chemin de vie où un amour humain et divin se construit jour après jour ?

Anne-Charlotte et Guillaume nous partagent leur expérience.

 

 

De la rue à l’autel

Aujourd’hui encore, le Seigneur appelle des hommes à devenir les pasteurs de son peuple. Une folie ? Oui. Un signe pour le monde ? Également. Mais aussi une aventure vertigineuse, féconde, pour ceux qui consacrent leur vie à l’Evangile.

Le Père René-Luc témoigne.

 

Frère Sylvain Detoc

detoc700koPendant cette semaine sainte, le frère Sylvain Detoc nous accompagne. Chaque jour, il décline la vocation des enfants de Dieu relevés ou qui se relèvent par la grâce.

Frère Sylvain, plutôt que « d’être relevé » tu parles de « processus de relèvement ». N’y a-t-il pas des moments où nous pouvons être pleinement relevé ?

Il y a en effet des personnes qui ont fait un jour l’expérience d’être relevées par le Christ. Cet événement est un repère pour elles, il garde un goût de plénitude. Mais il faut être réaliste. Ce relèvement n’est pas un point final. C’est un point de départ. Notre vie chrétienne consiste à aller de « relèvement en relèvement », pas à faire du surplace. Sinon, gare aux désillusions…

Avec un autre frère, vous venez de relancer une aumônerie dans une école à Lyon, comment se sont déroulés les débuts ?

Nous avons été comme précédés. Nous pensions repartir de zéro, car l’aumônerie avait cessé de fonctionner depuis quelques années. Mais il y avait des pierres d’attente chez ces jeunes. Quelques-uns avaient participé aux JMJ avec des frères dominicains l’été d’avant. Le contact en a été plus facile. Ils ont formé un noyau amical et ont entraîné d’autres jeunes. Nous n’avons fait qu’aider le mouvement !

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

C’était il y a presque dix ans, quand j’ai reçu l’habit dominicain. Le supérieur m’a posé cette question : « Que demandez-vous ? » ; j’ai répondu, comme chaque frère : « La miséricorde de Dieu et la vôtre ». Je suis rentré dans l’Ordre de saint Dominique parce qu’il m’a été donné de rencontrer des frères en qui j’ai pressenti l’amitié de Dieu. Je me suis dit que ça valait la peine de me lancer dans cette aventure, vieille maintenant de 800 ans !