Vidéo teaser Avent dans la ville 2019

Qui sommes-nous ?

Interview de soeur Dominique

Soeur Dominique est prieure du monastère des moniales dominicaines de Taulignan dans la Drôme. Ce monastère s’est spécialisé dans la production d’huiles essentielles bio. Le monastère rassemble une quinzaine de soeurs et offre une hôtellerie calme et  lumineuse ainsi qu’un accueil chaleureux.

Sœur Dominique, y-a-t-il une joie propre, particulière, à la vie monastique ?
Je ne crois pas qu’il y ait de joie propre à la vie monastique. La joie que le Seigneur nous donne est celle du baptême, elle est commune à chaque baptisé. Notre vie approfondit la grâce du baptême et ses dons, alors sans doute la joie grandit. La joie d’être enfant de Dieu, de se savoir aimé, pardonné, sauvé, tout ces dons ne peuvent que rendre heureux et colorent donc de joies plus simples sans doute la vie quotidienne.

soeur DominiqueComment la joie de l’Evangile peut-elle rayonner jusqu’à illuminer nos vies ?
Pour cela, il faut mettre en pratique ce que Jésus nous enseigne dans l’Evangile. Je parle de la joie d’avoir Dieu pour Père, qui a fait tressaillir de joie Jésus durant sa vie terrestre.  Si cette joie habite nos coeurs, elle rayonnera mystérieusement, à notre insu, et se répandra dans le coeur des autres. Jésus veut notre bonheur : la Bonne Nouvelle doit nous mettre en joie comme elle a mise en joie les bergers de Noël !

Qu’est ce qui te remplit de joie ?
Ce qui me rend heureuse c’est de savoir que des gens sont heureux parce qu’ils ont rencontré le Seigneur. Qu’ils ont accueilli la lumière de Dieu et qu’ils trouvent en lui un lieu à la fois de repos et d’exultation. Savoir que Dieu est là, que les saints sont là, que les anges sont là. Et. puis aussi… le rire si plein, si pur des enfants !

 

Interview du frère Jean Druel

Le Frère Jean Druel a 46 ans. Il est dominicain depuis 1993. Il rêvait de partir au Japon, ses supérieurs l’ont envoyé en Egypte ! Il est devenu aussi égyptien que les cairotes, parlant parfaitement l’arabe dialectal. Il parle huit autres langues, il est Docteur en islamologie, spécialiste de la grammaire des chiffres… Il est directeur de l’IDEO depuis 2015, l’Institut Dominicain d’Etudes Orientales, qui étudie les premiers siècles de l’Islam. L’IDEO possède la plus riche bibliothèque concernant l’islam de tout le Moyen-Orient !

Le fr. Jean Druel a publié trois livres aux Editions du Cerf : Speed dating avec Dieu I et II et Je crois en Dieu, moi non plus !

Frère Jean, comment t’est venue l’idée de donner la parole aux femmes de la Bible sur la joie d’être enceinte ?
En pensant au thème de la joie liée à Noël, j’ai d’abord pensé à la joie de la naissance, et je me suis dit que pendant l’Avent, c’est surtout la joie d’être enceinte qui devait nous habiter. Puis j’ai immédiatement pensé que c’est une joie que je ne connaîtrai jamais ! Quelle est cette joie ? En quoi consiste-t-elle ? Est-ce toujours une joie ? Chaque femme doit vivre cette joie de manière différente. Et pour trouver des réponses à mes questions, je me suis tourné vers des femmes que tout le monde connaît, des femmes qui font partie de l’histoire commune de l’humanité. Des femmes de la Bible.


frère Jean DruelComment as-tu fait pour te mettre dans la peau d’une femme, de femmes qui ont vécu il y a des milliers d’années ?
J’ai relu leurs histoires, je les ai méditées, je me suis imaginé les situations qu’avaient connu ces femmes, selon ce que la Bible nous en dit. Et j’ai laissé courir ma plume, je leur ai demandé de me raconter leur vie ! Ensuite, j’ai réécrit, pour que cela corresponde au format de l’Avent dans la ville. Pratiquement, j’ai essayé d’imaginer ce que cachait chaque détail du texte et de reconstruire une histoire plausible qui puisse parler à des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Ces femmes ont une portée universelle.


Pourquoi dans la Bible la joie d’une future naissance est-elle souvent présentée dans un contexte de bouleversement d’une destinée (femmes stériles, femmes en butte avec l’adversité…) ?
Tout d’abord, parce qu’une naissance, c’est le bouleversement d’une destinée ! Ensuite, parce que les histoires simples et heureuses ne se prêtent pas à la narration. Ce qui se prête à la narration, ce sont les histoires bouleversantes, difficiles, inattendues. Ce sont ces histoires compliquées qui nous intéressent, car elles correspondent à des situations limites, des situations où nous avons besoin d’aide. Je crois que ces femmes peuvent nous aider à regarder le monde autrement, et à vivre mieux, en paix avec Dieu et avec nous-mêmes. Elles peuvent nous donner la vie.