photo pray for parisAprès les événements tragiques du 13 novembre 2015, nous avons organisé une veillée de prière au couvent des Dominicains de Lille. De nombreux amis, des fidèles de nos célébrations mais aussi d’autres personnes venues d’ailleurs, nous ont rejoints. Nous étions unis à toutes les autres assemblées de prière qui se retrouvaient pour implorer la paix. Un de nos frères, le frère Dominique Motte, avait rédigé cette prière que nous vous partageons :

Prions dans l’esprit de Thibérine:

« Seigneur, désarme-les. Et désarme-nous ».

Désarme-les: déjà on s’habituait à ce que cette violence extrême soit le sinistre pain quotidien de l’Irak, de la Syrie, de la Palestine, de la Centre-Afrique, du Soudan, de l’Érythrée, de l’Afghanistan. Elle nous gagne à présent. Qui ne voit qu’elle pourrait en retour susciter chez nous des violences sans fin ou une progressive tombée dans la peur ou le désespoir ?

Désarme-les: que surgissent parmi eux aussi des prophètes, des prophètes qui leur crient leur indignation, leur honte de voir à ce point défigurées l’image de l’homme, l’image de Dieu, et leur conviction qu’agissant ainsi ils creusent définitivement leur propre tombe.

Désarme-les, en nous donnant, s’il le faut, puisqu’il le faut, de prendre les moyens de protéger des innocents, avec détermination. Mais sans haine.

Désarme-nous aussi: en France, en Occident, sans justifier bien sûr un tel déchaînement de vengeance, l’Histoire explique bien des choses. Donne-nous, Seigneur, de savoir écouter des prophètes guidés par ton Esprit. Que nous ne désespérions jamais de chercher à comprendre, même si nous restons confondus par l’ampleur du mal en ce monde.

Désarme-nous: garde-nous de nous crisper derrière des portes closes, derrière des mémoires sourdes et aveugles, derrière des privilèges que nous ne voudrions pas partager.

Désarme-nous, à l’image de ton Fils adorable. Dont la logique intérieure est la seule qui puisse être à la hauteur des événements qui nous frappent: « On ne prend pas ma vie, c’est moi qui la donne ».