Pierre Claverie, dominicain, évêque d’Oran, a été assassiné le 1er août 1996 par un attentat à la bombe qui a également fait une jeune victime algérienne, Mohamed Bouchikhi. Pierre Claverie était visé par les islamistes à deux titres : il représentait à leurs yeux un concurrent religieux mais surtout, il incarnait une parole libre qui n’a cessé, avec courage, de dénoncer la dérive meurtrière de la xénophobie et de la violence religieuse.

Pierre Claverie

 

«Quelle abominable lâcheté chez ces tueurs de l’ombre ! Que l’on me prenne pour cible, je comprendrais : évêque, je représente peut-être aux yeux de certains une institution honnie et dangereuse. J’ai toujours défendu publiquement ce qui me paraissait juste, vrai, ce qui favorisait la liberté, le respect des personnes, spécialement des petits. J’ai milité pour le dialogue et l’amitié entre les gens, les cultures, les religions. Tout cela mérite probablement la mort et je suis prêt à en assumer le risque. Ce serait même un hommage que je rendrais au Dieu en qui je crois.»

 

 

Pierre Claverie est béatifié aujourd’hui comme martyr. L’Eglise reconnait en lui un exemplaire témoin du Christ.Pierre Claverie
Avec lui, les sept moines de Tibhirine ainsi que onze religieuses et religieux, soit 2 espagnoles, une tunisienne, un belge et 14 français, qui s’étaient mis au service du peuple algérien au nom de la charité, sont béatifiés en la fête de L’Immaculée Conception. Leur exemple nous invite à choisir l’amour, à dissoudre la haine en nous, à témoigner avec le Cantique des cantiques que « l’amour est plus fort que la mort. »

frère Philippe Verdin, op