Tu m'as relevé

Vidéo Carême dans la Ville 2018

Guérisseur d’humanité

Il y a des hommes et des femmes qui aiment comme Jésus aime, qui pardonnent comme Jésus a pardonné. P. Guy Lescanne est de ceux là. Avec Zacharie, il a pris la route du pardon. Son histoire nous fait entrevoir la force immense du sacrement de la réconciliation.

Rencontres de carême – Lyon le 10 mars 2018 –

rencontre2Nous étions près de 60, ce samedi 10 mars, à être accueillis au couvent des dominicains de Lyon par les Fraternités Laïques.

Réunis là par le besoin de vivre le carême autrement, pleinement, concrètement. Réunis pour partir ensemble sur les chemins ouverts par la méditation, les questions du fr Yves Habert.

Premiers pas un peu timides, hésitants, et puis les mots qui viennent, expériences de vie, la souffrance et la beauté qui se révèle, moments donnés. Et le chemin bientôt de résonner de ces vies, de la force du relèvement, de sa joie.

rencontreHalte dans le cloître, prière et chant, et la chaleur des mots du fr Bernard-Dominique, en guise d’envoi : le “oui” de la confiance, la patience de Dieu. On ne peut annoncer le Christ seul, disait-il. Nous l’avions vécu, cet après-midi-là.

Et l’on repart nourris de l’avoir partagé – ce chemin, la confiance, le Christ. C’est tout un.

Audrey

Frère Alain Riou

En lecteur attentif de la Bible, le frère Alain Riou du couvent St Thomas d’Aquin à Lille nous propose cette semaine de méditer le récit du serpent de bronze du Livre des Nombres dans l’Ancien Testament.

riouFrère Alain, dans l’Ancien Testament, Dieu interdit les idoles c’est-à-dire les statues. D’ailleurs, Moïse, lorsqu’il descend du Sinaï se met en colère contre le peuple qui s’est fabriqué un veau d’or. Alors pourquoi ici un serpent de bronze ?

Oui, mais là, pour le serpent de bronze, c’est Dieu qui le demande ! Dieu est toujours surprenant, il doit avoir une idée derrière la tête… Vous allez la découvrir à travers les méditations.

Tu es un lecteur assidu de la Bible. Qu’est-ce qui te passionne dans cet ensemble de livres ?

Je répéterai ce que j’ai entendu d’une théologienne anglaise, Janet Martin-Soskice, qui enseigne à Cambridge : « La Bible, ce n’est pas un recueil d’histoires morales et pieuses qu’on raconte aux enfants pour les aider à s’endormir, c’est parfois plein d’horreurs, choquantes, mais en même temps s’y trouvent les perspectives les plus profondes que j’ai jamais entrevues sur l’être humain et sur la vie. » Dans la lecture de la Parole de Dieu, je m’attache moins aux « idées » – car nous risquons toujours d’y projeter nos vues, nos attentes –, mais d’abord au texte, à la manière dont il dit, aux mots mêmes. Il ne s’agit pas de fétichiser un texte, mais d’y entendre des consonances avec d’autres passages, et avec la vie. La Bible me donne des mots pour lire et dire ma vie, notre vie.

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

C’était en 1968, à l’automne, donc peu après le fameux mai et ses tribulations. Je devais faire profession solennelle à la Toussaint, mais certains frères avaient émis un avis défavorable, et du coup le provincial a décidé de retarder la profession d’un an. Cette décision a choqué certains autres frères, qui la trouvaient inacceptable et m’ont conseillé de faire appel à Rome. J’ai refusé, parce que quelque chose d’aussi massif ne pouvait pas ne pas porter une parole de Dieu. J’ai cherché à comprendre, mais plus je cherchais, moins j’y voyais clair. Est venu un moment où j’ai pu me dire : « Si lors du prochain entretien, le provincial m’accepte à la profession pour Noël, je ferai profession ; sinon, je ne la renouvellerai pas, et je partirai. » Je n’avais aucune idée de ce que j’allais devenir, et ne m’en préoccuperais qu’en son temps. Puisque je suis ici, tu peux deviner quelle fut la réponse du provincial. Mais je peux dire que pendant les deux semaines qui ont suivi, dans l’attente de cette réponse, je ne me suis jamais senti aussi libre dans ma vie, aussi en paix : tout pouvait arriver, tout. Et finalement, cette secousse, je l’ai reçue comme un cadeau inouï, sur le seuil de cette profession définitive.

 

Le repas du Seigneur

Parce que Jésus l’a demandé, depuis près de 2000 ans, des hommes et des femmes célèbrent le dernier repas de Jésus. Dans le quartier de Moulins à Lille, Pierre et Lydie vivent de ce mystère de l’Eucharistie et nous partagent leur expérience.

Frère Gabriel Nissim

Pour cette troisième semaine de carême, le frère Gabriel NISSIM du couvent du Saint-Jacques à Paris nous invite à nous regarder autrement, nous-même autant que les autres : comme un temple saint de Dieu.

fr. Gabriel NissimFrère Gabriel, dans tes méditations, tu parles d’une humanité en ruine. Qu’est-ce qui te donne de l’espérance en une humanité reconstruite ?

Je suis émerveillé par tant de gens qui ouvrent les yeux sur les autres et se mobilisent, comme ces parents d’une école lyonnaise qui ont refusé que des camarades d’école de leurs enfants soient contraints de vivre dans la rue. Il y a, ici et ailleurs, une générosité formidable, toute simple et quotidienne. L’Esprit saint est là !

Tu es engagé au sein de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture). Qu’est-ce qui te marque le plus dans l’action de cette association ?

La fraternité et la fidélité ! Une fraternité palpable quand nous nous retrouvons qui en fait une vraie communauté chrétienne – un « temple saint de Dieu ». Une fraternité avec les victimes que nous défendons, que nous accueillons. La fidélité de tant de nos membres qui, depuis vingt ou quarante ans parfois, se battent pour ces victimes de la cruauté déshumanisante et de la peine de mort – et prient aussi pour les bourreaux.

Peux-tu nous partager un moment dans ta vie où tu as fait l’expérience d’être relevé ?

Ce sont la lumière et la beauté qui me rendent courage quand je ne tiens plus le coup. L’amitié plus encore. J’ai besoin du témoignage concret que, malgré tout ce que souffre l’humanité, le soleil est là, que la lumière est déjà parfois plus forte que les ténèbres : « la lumière s’est levée dans les ténèbres, et les ténèbres n’ont pu l’arrêter ».