Découvrez notre premier prédicateur du Carême 2016 !

Frère Jean-Luc Marie, tu nous parles dans tes méditations de se retirer dans le secret. Comment fais-tu dans ta vie de dominicain pour le vivre concrètement ?

Dans le secret, pour moi, c’est dans le silence ; loin de l’agitation du monde

C’est prendre du temps pour soi, avec un bon bouquin par exemple, ce qui pourrait être la version profane de ce retrait ! Mais c’est surtout un temps pour Dieu et avec Dieu, dans la prière. Même dans la vie religieuse, ce n’est pas simple de se retirer dans le secret pour ce cœur à cœur avec Dieu, la bible en main. Pour moi, c’est souvent le matin tôt : se lever quand il fait encore nuit et qu’aucun bruit ne s’entend dans le couvent. Je garde une certaine nostalgie de l’année de noviciat. 365 jours pour se retirer dans le secret. Un vrai bonheur qui me porte encore aujourd’hui, quand j’ai l’impression d’être dispersé et exposé à tous vents !

Tu as enseigné le français à des jeunes de lycée et de collège pendant ces six dernières années. Pourquoi ce choix et quels en sont les fruits ?

L’enseignement du français, c’était mon métier avant d’entrer dans l’Ordre dominicain. C’est un peu par hasard que j’ai repris le chemin du lycée et du collège en arrivant il y sept ans à Clermont Ferrand. J’y ai connu, je crois, les deux plus belles années de ma vie d’enseignant, en lycée professionnel, à Godefroy de Bouillon, avec des garçons et des filles magnifiques d’humanité ! J’avais bossé de nombreuses années avec des adultes au couvent de Lille et j’ai eu beaucoup de joie à retrouver des plus jeunes. Je voulais savoir ce qu’ils avaient dans le ventre, quels étaient leurs rêves. J’espère que si fruits il y a, c’est d’abord pour eux ! Pour moi, c’est beaucoup de joie, et d’optimisme et de stimulation aussi, car je trouve que ce n’est pas simple de témoigner de sa foi à cette génération qui semble parfois indifférente à tout ce qui est religieux. Pour l’instant, à Poitiers, je suis en disponibilité, mais j’espère bien retrouver un poste à la rentrée !

Le carême 2016 se déroule dans la dynamique de l’année jubilaire de la miséricorde, qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

Mais le carême n’aurait pas de sens sans la miséricorde ! Alors j’espère que ça en aura encore plus dans une année jubilaire de la miséricorde ! Le carême, ce n’est pas d’abord un temps où on ferait le malin en accumulant les efforts et les actes d’héroïsme spirituel. C’est au contraire un temps pour redécouvrir combien on est pauvre, en tout. Pauvre et maladroit. Maladroit et pécheur. C’est surtout 40 jours pour s’émerveiller de ce Dieu qui se fait proche de moi, pour me grandir, m’enrichir, me remettre debout, me rendre libre comme en un grand éclat de rire face à tous les dangers. Le carême, c’est découvrir et redécouvrir un secret : Dieu nous aime ! Comme on est, avec ce qu’on est. Il n’y a rien d’autre à crier sur tous les toits, il n’y a rien d’autre à vivre chaque jour : la douceur de la miséricorde de Dieu !