frere-jocelyntiny

Entré chez les Dominicains en 1998, après des études d’art et une vie de plasticien, le frère Jocelyn vit au couvent du Caire en Égypte. Il prépare ses retraites, écrit, peint, donne quelques cours à des jeunes filles, accompagne de jeunes couples chrétiens, anime une aumônerie d’adolescents. Il profite aussi de ses amis. Il est l’auteur de « Notre Père, pour ne plus rabâcher » (Editions du Cerf, 2017).

Comment te viennent les idées ? 

Cela fait longtemps maintenant que je lis la Bible. Je n’ai plus peur de ne rien y comprendre et j’aime, au contraire, être confronté à des passages qui me paraissent manquer de clarté. Donner du sens est passionnant et essentiel. Je commence toujours par prendre le temps de lire et de faire attention au sens des mots et à leur dynamique. Il n’y a donc jamais de page blanche, souvent tout est là sous nos yeux. Ensuite je me demande si ce que je lis est compatible avec le message d’amour inconditionnel que Dieu adresse à chacun de nous. S’il y a un décalage, c’est que je dois lire à nouveau frais, interpréter de façon plus pointue. La règle ultime c’est que l’Évangile ne fait jamais la leçon à ses lecteurs, il est toujours une Bonne Nouvelle.

Qu’est-ce que tu as découvert de l’évangile de saint Matthieu ? Son axe principal pour toi ?

L’Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu répond à une demande spécifique. Il s’agit de convaincre les convertis issus du judaïsme traditionnel qu’ils ont raison de suivre l’enseignement de Jésus et de croire à ses promesses, alors-même qu’il est un Messie peu orthodoxe ! Matthieu reprend donc l’histoire de Jésus, telle qu’il la reçoit et il essaye de l’inscrire dans la grande tradition biblique. L’une de ses grandes préoccupations sera ainsi de montrer comment Jésus, si critique vis-à-vis de la religion de son temps, n’est pas venu pour l’abolir mais pour lui redonner du sens.

Influence de la lecture de la Parole de Dieu sur ton ministère ?

Je ne passe pas ma vie le nez dans la Bible ! J’aime aussi prendre du bon temps avec mes amis dans le pays magnifique où je me trouve. Ici je travaille à l’entretien de mon couvent et à l’accueil de nos invités, j’aime rencontrer les gens et les écouter. D’une certaine manière c’est plutôt cette expérience humaine qui influence ma lecture de l’Écriture lorsque je dois me confronter à un texte et lui donner sens. L’Évangile est une parole vivante, cela veut dire qu’elle continue à s’adresser à des gens vivants, et moi, lorsque c’est possible, j’aime bien faire le pont entre les deux.