Je suis un jeune frère dominicain de 67 ans, formé initialement à l’étude du Nouveau Testament, que j’ai enseigné à l’Institut catholique de Toulouse.
Mais l’Ordre des Prêcheurs m’a aussi sollicité pour de multiples et diverses tâches de formation et d’accompagnement de frères ou de groupes (Équipes Notre-Dame, Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens…), qui m’ont conduit entre autres à Jérusalem ou en Haïti.
Aujourd’hui en retrait(e), je continue à accompagner, enseigner, mais surtout à écrire, en visant un public plus large que dominicain ou universitaire, en particulier les familles d’enfants « différents », via mon blog principal (proveritate.fr) ou les réseaux sociaux.
Mes deux derniers livres aux Éditions du Cerf : Combat, sur le combat spirituel, et Pour (re)commencer à croire, sur quelques points de base de la foi chrétienne. Tous deux sont largement des commentaires bibliques.

La place de la Bible ?

Au départ, un choix de mes formateurs, qui constataient mes facilités pour la langue, mon intérêt pour l’histoire… Je passe donc deux ans à Jérusalem (1981-1983) où, lorsque j’arrive, on me demande d’emblée « ma spécialité » : je n’en ai pas, je viens tenter d’en acquérir une. Ce sera autour de l’œuvre de Paul et les Actes des Apôtres : ma formation économique antérieure à mon entrée dans l’Ordre m’invite à réfléchir sur la gratuité de Dieu dont saint Paul est l’un des hérauts. Cette thématique continue de m’habiter et fera peut-être un jour l’objet d’un livre.
L’étude biblique me dévoile peu à peu la figure du Christ, et me révèle aussi à moi-même : les questions que je pose au texte pour tenter d’y voir plus clair sont toujours des questions que je me pose personnellement. Il est facile d’y reconnaître la situation de n’importe quel prédicateur face au texte biblique qu’il doit commenter.

Un moment marquant dans ma vie récente ?

Trois jours avant Noël 2016, lors d’un passage à Paris, j’ai la chance de pouvoir être accueilli dans la famille Clermont, pour visiter leur fils Gaspard, atteint d’une maladie dégénérative qui devait l’emporter un mois et demi plus tard : il est devenu par la médiation de ses parents une figure marquante de Facebook. Je le trouve couché, ses magnifiques yeux bleus me percent, malgré son regard aveugle : je suis atteint au plus profond de moi, et ne serai plus jamais exactement le même ensuite. J’écris dans la foulée ma prédication du jour de Noël, que je publie et qui va atteindre plus de dix mille personnes.
Mes activités d’aujourd’hui, et en particulier les rencontres avec les familles d’enfants « différents » sont toutes, directement ou indirectement, les fruits de cette visite. J’en témoigne abondamment sur mon blog.