Je suis frère Grégoire, j’ai 32 ans. Après avoir été enseignant de lettres classiques dans le secondaire, je suis entré chez les dominicains en 2011, et je poursuis une formation en exégèse biblique à Lyon.
Je suis aussi actif à TheoDom depuis sa création, pour faire découvrir les richesses et les moyens de la théologie. Et il y a aussi la poésie, celle des autres et la mienne. 

Comment te viennent tes idées ? 

Je commence par faire ma lectio divina, c’està-dire une méditation priante de la Parole, avec les textes que j’ai à commenter. Puis je laisse reposer quelques jours, quelques semaines, en y revenant de temps en temps … Il y a souvent une phrase, une atmosphère, ou bien un ton de voix chez le Christ qui va m’accrocher, me gêner ou me plaire, sans que je sache trop pourquoi. C’est ça que je vais creuser en me mettant à écrire.
Dom André Louf, ancien abbé du Mont des Cats, expliquait sa prédication ainsi : « je m’expose à la Parole et je dis à mes frères où j’en suis ». Je trouve que c’est assez juste  : mettre au clair, pour moi et pour les autres, ce que j’entends et comprends aujourd’hui de cette Parole.

Qu’as-tu découvert dans l’Évangile de Matthieu ? 

Des quatre Évangiles, celui de Matthieu est celui qui est le plus difficile pour moi. Je l’ai dit dans une méditation : le Christ y a un visage et une voix un peu rudes, durs même parfois. Je suis plus à l’aise avec saint Luc. Donc, travailler sur Matthieu, ça me sortait un peu de mon confort.
Ce que j’ai re-découvert, c’est que le Christ, chez Matthieu, est vraiment un Juif : il  a l’accent hébreu, le beau visage d’un fils d’Israël. Et puis, j’ai été frappé, en tout cas dans les passages que j’avais à commenter, par le fait qu’il parle beaucoup du jugement, de son retour dans la gloire, de la fin des temps : pas pour faire peur, mais pour aiguiser notre désir.
Puisque c’est ça, qu’on attend, qu’on espère, comme on le dit parfois machinalement à la messe : « nous attendons que tu viennes ».