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Solidarité Migrants

Des contacts d’une richesse ïnouie

migrants jolieTémoignage de Bénédicte

Cette photo  illustre bien les moments passés à la maison avec les deux familles, l’une syrienne, l’autre Kurde, que je reçois ponctuellement. Elles sont actuellement en centre, en attendant leurs cartes de réfugiés.

Même si les échanges sont parfois fastidieux, à cause de la langue, les premières rencontres ont été l’occasion de lâcher une sorte de soupape, en pouvant expliquer  ce qu’ils ont dû traverser (au propre comme au figuré) pour arriver ici et avant de quitter leur pays.

Une des jeunes femmes me dit que ce passage en centre était vécu comme une période tampon en attente d’une nouvelle vie qu’elle imagine avec enthousiasme.

Quand j’ai eu l’occasion de dire à deux jeunes hommes syriens que ce que je fais, c’est ce que j’aimerais qu’on me propose si j’étais dans leur situation, j’ai vu des larmes dans leurs yeux. Et inutile de préciser que si un jour ils ont un « chez eux » ici ou dans leur pays pacifié, ils m’y accueilleront avec plaisir. Je sens une immense délicatesse et l’envie de rendre service, dans la mesure de leurs possibilités, en échange

En ce qui me concerne, ces contacts sont d’une richesse inouïe parce que je découvre leur pays, leur conditions de vie là-bas et ici. En attendant, je me trouve maintenant attaché à des personnes qui ont l’âge de mes enfants et qui ont vraiment traversé des drames dont ils ne veulent plus entendre parler.

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L’étrangeté de l’étranger

EMMAUS 25 F T2.JPG« J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu » (Mt 25,35-36).

– Oui, Seigneur Jésus, je sais bien ce que tu me demandes là, mais il me semble que je le fais déjà : je m’occupe de mon conjoint, de ma famille, de tous ceux qui me sont proches. Et en plus, je n’oublie pas les étrangers à mon clan, je verse à la quête pour le Secours catholique et donne un coup de main aux Restos du cœur.

-Très bien, cher ami, bon et fidèle serviteur, mais que fais-tu de l’étranger plus lointain et qui s’approche de toi, de ce migrant qui vient marcher sur tes terres ?

-Seigneur, celui-là est tout différent. C’est un étranger vraiment très étrange : il parle à peine ma langue, il ne sait pas ce qu’est notre sainte République, et surtout il ne partage pas ma foi en toi, cette foi dont tu sais combien elle peut être un ciment familial et communautaire.

-Ami, tu sais combien j’ai aimé les hommes… en les invitant à retourner complètement leur manière mondaine de voir les personnes et les événements : cela a commencé avec les Béatitudes au tout début de ma vie et s’est accompli sur la croix, à la fin de ma vie. Sans ce retournement, ma vie est incompréhensible et votre vie toujours plus difficile.

Tiens, souviens-toi de cette parabole du Samaritain, un étranger à mon époque dois-je te le rappeler. Je te passe le début que tu pourras relire dans l’évangile de Luc au chapitre 10 pour en arriver à la question que j’ai posée à ce légiste qui m’interrogeait : « Lequel s’est montré le prochain de l’homme tombé aux mains des brigands ? » Le légiste m’a justement répondu : « Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui. » (Lc 10,35-36)

Tu as bien entendu ma question : non pas est le prochain, mais s’est montré le prochain. Si tu ne comprends pas cela, alors tu auras bien du mal à comprendre aussi qu’à mes yeux comme à ceux de mon Père des cieux, nul n’est étranger en soi, nul n’est si étrange que tu ne puisses t’approcher de lui : il ne l’est qu’autant que tu le considères comme tel.

-Seigneur, un tel retournement n’est pas facile, il sera sans doute mal compris, il va m’attirer des ennuis, et je risque d’y laisser ma vie !

-Je sais, j’y ai laissé la mienne.

-« Va, et toi aussi, fais de même. » (Lc 10,37)

Frère Hervé Ponsot

Une messe en langue arabe

IMG_6529 - CopieUne fois par mois, au couvent des dominicains de Lille, le frère Sarmad Najeeb célèbre la messe en rite latin pour les arabophones vivant dans la région.

Des retrouvailles. Ils sont nombreux, environ une centaine, tous hébergés dans des familles d’accueil. Ils ont tout quitté. Ils ont fui leur pays du fait de la situation politique et du manque de sécurité. Ils sont principalement irakiens. Nous trouvons des jeunes parents avec leurs enfants et quelques grands-parents. Ces célébrations sont de véritables retrouvailles, ils aiment célébrer dans leur langue et partager la collation que chacun a préparée.

Créer du lien. Le frère Sarmad connaît ces familles, nombreux sont celles et ceux qu’il fréquentait en Irak. « Aujourd’hui je suis là pour donner des conseils, à la fois aux familles d’accueil et à ceux qui sont accueillis. Je fais le lien entre les deux cultures ». Les enfants apprennent rapidement. Ils parlent français alors que leurs parents peinent à s’exprimer. « Je dis aux parents qu’ils ne doivent pas perdre leur autorité sur leurs enfants, même s’ils comprennent plus vite et doivent parler souvent à leur place partout où ils vont ».

DSC_0072Découvrir une autre culture. Accueillir, c’est assez simple finalement dit Sarmad, vivre avec une famille d’une autre culture dans sa propre maison, là c’est plus compliqué. Cela prend du temps de transmettre sa culture. « Accueillir et être accueilli demande beaucoup de patience, des deux côtés ». Quelle joie le jour où celui, celle que l’on accueille chez soi commence à parler français ! Les personnes accueillies ont un long chemin à parcourir et les familles d’accueil sont pour elles un soutien irremplaçable. Ils ont dû quitter leurs situations, leurs maisons, aujourd’hui ils doivent tout reconstruire.

Bientôt ce groupe va se rassembler pour célébrer Noël, la messe sera suivie par un repas. Une belle fête en perspective, ensemble ils prieront pour la paix.

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En novembre dernier, nous fêtions l’anniversaire de Marianna

 

Le témoignage de Philippine

Le témoignage de Philippine

Découvrons le témoignage de Philippine et de sa famille et n’hésitons pas à communiquer d’autres expériences.

C’est en écoutant un Père dominicain irakien, Hani Daniel, au centre spirituel du Hautmont,  que nous avons eu l’idée d’accueillir une famille Irakienne, pendant un an, chez nous.

Une association « Accueil et Fraternité » se proposait de nous aider dans toutes les démarches administratives, médicales, matérielles et de bénéficier de l’expérience d’autres familles d’accueil. Ce réseau de 18 familles nous a été très précieux ! Avec Accueil et Fraternité nous nous retrouvons régulièrement pour partager nos joies, nos soucis et cela sous l’égide de Louis Fauquenoy, un jeune père de famille. Ce dernier, à l’appel pressant du frère Hani, suite à l’intrusion de Daesh dans les villes chrétiennes de Mossoul et Karakoche en août 2014, a crée cette association qui vise l’accueil et l’intégration de familles irakiennes en France.

 La famille Anaya est arrivée fin août dernier après une demande de visa assez longue et des questionnaires de part et d’autres à fournir. 

Wissam (Sam)  a 36 ans, Marleen, 24 ans, Onel, 8 ans et Salvador, 5 ans, ont fait cette demande d’asile.

IMG_0718Un accueil et une chaîne de solidarité. Très rapidement, les enfants ont été scolarisés à l’école publique de Quesnoy. Quant aux parents, un réseau de personnes amies, ainsi que de la paroisse de Wambrechies, s’est mobilisé pour les entourer : une « équipe alphabétisation » a été constituée. Des bénévoles viennent donner une heure et demie de cours à chacun tous les matins. Une personne retraitée s’est proposée d’aider pour  toutes les démarches administratives. Une équipe a vu le jour pour prendre en charge les enfants et faire de l’aide aux devoirs chaque soir à Onel (CP). D’autres encore se sont proposées de leur faire découvrir la côte, lors d’un week-end ou simplement de les accueillir pour un déjeuner.

 

L’aventure continue. Cela fait maintenant 3 mois que la famille Anaya est arrivée en France. Et nous allons de joies en joies.

 

Joie de leur faire découvrir La Normandie, Wissant, Boulogne grâce à nos amis, Margaux, Jérôme, Odile, Anne Chantale, Guillaume. Il y a eut des après-midis au cirque avec Virginie, une autre à Nausica, et une autre encore au Zoo de Lille.

Joie de voir les enfants passionnés de vélo, de piscine.

Joie de découvrir leurs hobbies respectifs, le bricolage et la couture pour Marleen, la peinture pour Sam, le vélo et la piscine pour les enfants.

Joie d’un dîner en compagnie de Sarmad, un autre prêtre dominicain irakien qui nous a raconté l’histoire des Chrétiens d’Irak jusqu’à leur départ en France.  Joie et tristesse.

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Joie de mieux les comprendre et d’enrichir notre belle relation d’amitié.

Joie aussi de partager des moments grâce à notre religion commune. Ce qui facilite encore plus leur intégration. Et puis, il y a ces dimanches de rencontres fabuleuses, une fois par mois. Nous nous retrouvons, familles françaises et irakiennes au couvent des dominicains de Lille pour une messe en arabe et un goûter plein de bonnes pâtisseries confectionnées par les mamans irakiennes. C’est si joyeux ! Ils sont si chaleureux !

IMG_0855Un projet familial. Si nous avions à donner un conseil, à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure, c’est de ne pas trop hésiter. Car il y a de la demande ! Il faut cependant que ce soit un projet familial. Même si autour de vous de nombreuses personnes gravitent car c’est indispensable de se faire entourer, la famille d’accueil est là pour coordonner.

« Nous sentons bien nous-mêmes que ce que nous faisons n’est rien de plus qu’une goutte d’eau dans l’océan. Mais si cette goutte d’eau n’était pas dans l’océan, elle manquerait » (Mère Thérésa).

 

 

Accueillis tels que nous sommes

 

Le témoignage de Béatrice

iStock_000075037243_LargeBéatrice témoigne de son expérience avec les retraitants d’Avent dans la Ville. N’hésitez pas à faire de même dans vos commentaires.

Depuis de nombreux mois, j’entendais le cri incessant du Pape nous interpellant face au drame des réfugiés. Que je pouvais faire moi, concrètement ? Je me suis mise à prier

J’étais très touchée par cette détresse humaine et je me disais : ça pourrait très bien être nous. Comment aimerais-je être accueillie si j’étais moi-même obligée de fuir ?

Et cette phrase m’est venue à l’esprit « aime ton prochain comme toi-même ».

Ces personnes sont chacune une parcelle du visage du Christ, Lui qui nous invite à nous aimer, qui nous invite à accueillir l’autre fragile, étranger, souffrant. Des réfugiés sont arrivés dans ma ville et  par un heureux hasard, je suis contactée pour intégrer dans mon groupe de prière des mères, une jeune maman afghane enceinte et déjà mère de 2 enfants qui souhaite, avec sa famille,  faire route vers le Baptême.

Dès la première rencontre, je ressens beaucoup de tendresse monter en moi pour cette famille qui a vécu un chemin difficile pour arriver jusque chez nous.

Nous n’avons aucun mot commun en français et très peu en anglais.

Pas d’écriture commune, nous allons à l’essentiel.

A  travers cette pauvreté d’expression qui nous unit, beaucoup de sourires et d’affection viennent réchauffer les cœurs et nous donnent une joie profonde: celle de se sentir reconnus, accueillis tels que nous sommes de part et d’autre dans le respect et le désir de Vivre au-delà de toutes les souffrances vécues!

Oui l’Espérance est là et elle nous devance !