Carême

Vidéo Carême dans la Ville

Qui sommes-nous ?

Interview du frère Michel Fontaine

Pour cette quatrième semaine de carême, le frère Michel nous fait suivre jour après jour le parcours de l’aveugle-né guéri par Jésus à distance. Car il s’agit non seulement d’une guérison physique, mais aussi d’un chemin de foi vers le Dieu d’amour. Avec lui, accompagné par le frère Michel, replongeons dans les eaux de notre baptême.

CDLV 2017 - Image Site (Interview Frère Michel Fontaine)Frère Michel, dans tes méditations, tu expliques que Dieu donne une forme de fécondité à l’épreuve de la maladie. Pourrais-tu nous partager une expérience dont tu as été témoin et qui illustre ton propos ?

Je connais une personne depuis fort longtemps qui a été affectée par la maladie du SIDA. Il a développé d’une manière surprenante, un nouveau rapport au monde et aux êtres humains. Il a découvert en lui la place essentielle de la spiritualité dans ce qu’il vit. Depuis cette nouvelle approche de son existence, il est désormais conduit et porté dans tout ce qu’il entreprend. Il y a là pour moi une forme de fécondité dans une vie profondément bouleversée par la maladie, une conscience nouvelle qui ouvre sur « quelque chose de plus grand ». Et ceci fait avancer dans la vie, au travers des épreuves… appelés que nous sommes à toujours grandir en humanité.

Tu as longtemps exercé le métier d’infirmier. Ta foi a-t-elle influencé ta manière de vivre ou de donner des soins ?

Je pense que c’est fondamentalement mon regard sur la personne quelle qu’elle soit, la sachant déjà aimée et reconnue par un Dieu « fragile » et humain, qui se fait tout proche d’elle et de moi, qui m’a porté dans mes activités de soignant. Cette fragilité partagée est en fait le lieu possible de l’accompagnement et du soin authentique.

Au cours de ta vie, comment a évolué ta compréhension de la parole de Jésus « Ceci est mon corps » ?

Je réalise que pour moi, la dimension de l’Incarnation est essentielle dans mon chemin de foi et de vie. Rien de ce qui constitue véritablement l’homme n’est étranger à Dieu et rien de ce qui constitue le mystère de Dieu n’est étranger à l’être humain.
Cette identité « charnelle » de ce que nous sommes à l’image de Dieu révèle notre dignité d’humain.

Interview des sœurs dominicaines d’Estavayer-le-Lac

Les sœurs moniales d’Estavayer-le-Lac fêtent cette année leur jubilé des 700 ans de présence continue dans leur monastère (cliquer pour visiter leur site internet). Pour cette troisième semaine de carême, elles nous font la joie de méditer avec nous sur l’étonnante rencontre de Jésus avec la femme de Samarie.

asset-version-7d57a635b3-108020Chers sœurs, dans vos méditations, vous parlez des fatigues et des joies de la samaritaine, quelles sont les fatigues et les joies d’une sœur moniale ?

Une moniale partage bien des fatigues communes à tout être humain. Mais comme chacun, elle expérimente que, au-delà des choses à faire (et même une moniale a beaucoup à faire!), ce qui épuise c’est surtout l’éparpillement, et le souci exagéré de ce qui n’est pas l’essentiel. Quand on réussit à garder les yeux tournés vers Dieu qui nous a appelées à nous occuper surtout de lui, alors vient la joie… et bien du repos.

Vous fêtez cette année vos 700 ans de présence continue à Estavayer-le-Lac, y-a-t-il dans votre vie un élément qui demeure et un élément qui a évolué ?

Notre vie de moniales dominicaines est une vie à l’écart pour chercher Dieu ensemble et servir nos frères et sœurs humains par la prière. En sept siècles, le propos n’a pas changé. Cependant, cette prière pour tous se concrétise depuis quelques décennies par une plus grande proximité avec ceux qui fréquentent notre hôtellerie, notre prière liturgique, notre site internet… et aussi avec vous, retraitants de « Carême dans la ville » ! Les contacts particuliers donnent du corps à notre prière qui se veut résolument universelle mais pas désincarnée.

Vous vivez toute l’année, les mêmes sœurs, dans un même lieu, qu’est-ce qui vous permet de faire ensemble un seul « corps » ?

Le Christ, qui est la Tête du Corps. C’est lui qui fait l’unité entre nous…mais pas sans nous ! Notre règle (celle de Saint Augustin) dit : « Pourquoi êtes-vous réunies si ce n’est pour vivre d’un seul cœur et d’une seule âme en Dieu ? » Voilà l’horizon… on avance vers lui par l’écoute mutuelle, la recherche du bien commun, le pardon offert et reçu 77 x 7 fois…au moins !

Interview des frères de Yaoundé

Notre retraite se déplace pour cette deuxième semaine de carême en Afrique, au Cameroun, une terre riche de culture et de peuples traversée parfois de graves conflits. Les frères du couvent de Yaoundé nous partagent leur espérance et leur joie de contempler Jésus transfiguré.  

IMG_5748Frère Lucas, tu t’intéresse à la prédication par les médias, comment t’es venu cette idée ?

Mon intérêt de la prédication par les médias remonte à mes premières années dans l’Ordre notamment au noviciat et au studentat d’Abidjan (Côte d’Ivoire) en voyant certains frères travailler à la radio et surtout à travers l’émission « Jour du Seigneur de France 2 ». Par ailleurs, j’avais découvert les médias comme moyen pouvant véhiculer une culture ou former la conscience droite.  Mon intérêt vient de ce désir de prêcher l’évangile de vie par les moyens modernes.

Au couvent de Yaoundé, il y a des frères étudiants de divers nationalités africaines, comment la communauté arrive à faire corps ?

Le couvent de Yaoundé est un lieu de formation où nous avons des frères originaires d’environ sept pays. Pour nous, la pluralité est vécue à la fois comme richesse et brisure. Richesse parce que nous apprenons dans le contexte qui est le nôtre à accepter l’autre dans sa particularité. La pluralité est également une école qui permet de construire des ponts et de parvenir à l’unité.

Au cours de ta vie, comment a évolué ta compréhension de la parole de Jésus « Ceci est mon corps » ?

Pour moi, cette parole de Jésus faisait référence au pain consacré reçu à la messe. Mais je me suis aperçu qu’il était non seulement question de corps offert gratuitement pour l’humanité mais aussi d’un corps qui s’unit au nôtre pour former un corps saint. Je pense donc que Jésus nous parle aussi de notre propre corps appelé à recevoir les germes divins.

 

Interview du frère Jean-Pierre Brice Olivier

Pour cette première semaine du carême 2017, le frère Jean-Pierre Brice Olivier nous fait entrer de plein-pied dans le mystère de notre corps façonné par une parole créatrice.
CDLV 2017 - Image Site (Interview Frère Jean-Pierre Brice Olivier)
  Frère Jean-Pierre Brice, tu parles dans une méditation de « vraie parole », quel lien entretient elle avec le corps ?

La parole est toujours située dans la rencontre d’un autre, l’échange avec lui. La parole est adressée à quelqu’un et doit être reçue. Elle est constamment dans le risque, menacée d’indifférence, de jugement ou pas entendue*. Elle doit être incarnée, liée au corps — le tout de l’être humain —, parce qu’elle est lui qui parle, tout lui qui se dit. Sinon elle est du baratin.

* Voir le film Juste la fin du monde, Xavier Dolan, 2016

Tu as écrit un livre intitulé « Oser la chair* », comment t’est venue l’idée d’écrire ce livre ?

Ce sont les gens qui me connaissent qui me l’ont commandé ! Depuis 35 ans je prêche l’incarnation, celle du Christ et la nôtre. C’est l’essentiel de la foi chrétienne : Dieu fait chair ; la résurrection de la chair ; l’eucharistie, chair de Dieu. Je crains que les croyants oublient qu’il s’agit du cœur de notre foi, alors, je n’ai rien d’autre à leur annoncer.

* Oser la chair, Cerf, Paris, 2014. Prix du livre de spiritualité 2015 Panorama / La Procure

Au cours de ta vie, comment a évolué ta compréhension de la parole de Jésus « Ceci est mon corps » ?

J’ai d’abord entendu ces mots au premier degré, avec un grand vertige, comme beaucoup d’enfants sans doute. Plus tard, j’ai pensé que c’était plus un symbole, un signe, une manière de dire. Aujourd’hui, je me dis que c’est vrai, la vérité. Jésus — Dieu fait chair — avant que les hommes et la mort tentent de l’anéantir, a voulu nous faire ce don de son corps toujours vivant. Dieu dans le pain, c’est impossible à expliquer.

Interview de frère Jean-Baptiste Rendu

Le frère Jean-Baptiste Rendu est le premier prédicateur du carême 2017. Avec ses trois méditations, il ouvre pour nous le chemin qui nous conduira à la lumière de Pâques.
fr. Jean-Baptiste Rendu
  Au cours de ta vie, comment a évolué ta compréhension de la parole de Jésus « Ceci est mon corps » ?

Plus j’entends cette parole de Jésus, plus je m’interroge, ne sachant plus très bien de quel corps il s’agit : est-ce le corps de Jésus, le mien, le corps de celui qui souffre ? Il y a trois ans, j’ai eu le bonheur de passer plusieurs mois aux Philippines, visitant les prisonniers et les enfants des rues. Lors de ces rencontres, résonnait souvent cette parole : « Ceci est mon corps », comme une invitation à reconnaître dans ces personnes le visage divin de Jésus, ce Dieu qui « s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » (2Co 8,9).

Tu as lancé il y a quelques mois, avec les frères étudiants de Lyon, la « Cave des Dominicains ». Peux-tu nous présenter le projet et ce que tu as découvert ?

Ce projet apostolique est né de la dynamique d’un groupe de jeunes lyonnais parti aux JMJ de Cracovie avec les frères dominicains et le diocèse de Lyon. Ouverte une soirée par semaine, la Cave se veut être un lieu de rencontres informels et de débats où l’on ose parler de tout, y compris de foi. Le tout autour d’un verre, dans une ambiance conviviale et fraternelle. Chaque soirée se termine par la lecture de l’évangile du dimanche et la prédication d’un frère.
Frère Jean-Baptiste, tu parles de l’Eucharistie comme un corps-à-corps avec le corps glorieux du Christ, qu’est ce que cela veut dire pour toi ?

Pour moi, l’Eucharistie n’est pas simplement une nourriture de l’esprit, mais une nourriture véritable pour toute la personne que je suis : corps, coeur et esprit. A chaque Eucharistie, je veux croire que le Seigneur, par son corps glorieux, me renouvelle totalement pour être son fidèle ami et un authentique serviteur de mon prochain.