Carême

Vidéo Carême dans la Ville

Qui sommes-nous ?

Interview de frère Jean-Étienne Long

Nous entrons dans la 4ème et dernière semaine de l’Avent. Bientôt nous célébrons Noël ! Pour cette dernière étape, le frère Jean-Étienne Long va nous faire entrer dans ce mystère de la venue de Dieu parmi nous. C’est avec lui que nous fêterons l’enfant de la crèche de Bethléem.

dsc_0061Frère Jean-Étienne, pourrais-tu retracer pour les internautes de Retraite dans la Ville les principales étapes de ton parcours ?

Après des études de philo, j’ai enseigné durant six ans dans une petite école libre encore assez familiale, et pas du tout boîte à bac. À 28 ans, je suis rentré chez les dominicains, et assez rapidement mes activités apostoliques ont été orientées vers les jeunes étudiants en aumônerie, à Lille d’abord, puis à Lyon, 10 ans notamment à l’ENS ; quelques années les scouts et les routiers, et depuis 2002 auprès d’autres jeunes en difficulté (anciens drogués ou blessés de la vie de la communauté du Cenacolo ou personnes handicapées à l’Arche et maintenant à Foi et Lumière). J’ai aussi participé longtemps à l’animation de conférences de philo à l’Agora Tête d’Or, centre culturel du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon, et à la rédaction de la revue théologique Lumière et Vie.

Tu vis à Clermont-Ferrand, quelques mots de présentation de ta communauté ?

La communauté est composée de 4 frères, ce qui lui donne un visage assez particulier : c’est plus exigeant en termes d’implication dans la vie pratique et communautaire, c’est aussi plus rapprochant : on connaît vraiment ses frères, on suit bien leurs activités apostoliques (et leurs humeurs !).

Nous approchons avec toi à grands pas de la fête de Noël, la venue de l’enfant de la crèche n’est pas virtuelle, mais bien réelle. Que penses-tu de cette prédication sur Internet ?

Je ne pense pas qu’Internet véhicule seulement du virtuel, je suis sûr qu’on peut être touché par ce moyen. Mais, pour ma part, je ne suis pas très « connecté », donc j’étais surpris d’être invité, mais je fais confiance à ceux qui sont dans le coup et je trouve normal d’étendre la prédication aux nouveaux moyens de communication.

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Interview de frère Jean-François Bour

Frère Jean-François Bour, du couvent de Tours, est le troisième prédicateur de notre retraite. Avec lui, la venue de Dieu ne fait pas de nous des passifs -inactifs. C’est le message qu’il veut nous transmettre. En venant parmi nous, Dieu nous transforme en ses collaborateurs.

dsc_0065Frère Jean-François, après un long passage en terre musulmane tu vis à nouveau en France. Pourrais-tu nous retracer les grandes étapes de ton parcours ?

Je suis né en Lorraine en 1970 dans une famille de tradition rurale et ouvrière. Au cours de mes années d’études en sciences politiques à Strasbourg, j’ai mieux découvert l’ordre des dominicains. Leur synthèse des dimensions contemplative, intellectuelle et apostolique m’attirait énormément et j’avais une grande soif d’annoncer l’Évangile. Étant donné que j’ai fait 2 années de coopération en Égypte après le noviciat, le provincial de l’époque m’a tout naturellement demandé si j’acceptais de me préparer à y vivre. L’Égypte m’avait beaucoup marqué, séduit même, et j’ai répondu oui joyeusement. Avec d’autres frères, nous avons donc commencé à apprendre l’arabe, d’abord en France puis en Égypte carrément. Cet apprentissage de la langue et l’immersion en Égypte ensuite, car j’y fus assigné, m’ont passionné. Au Caire, dans l’Institut dominicain d’études orientales, il s’agissait de rencontrer les gens dans leur diversité, de poursuivre le travail de nos prédécesseurs et de continuer à étudier la pensée musulmane en la regardant de l’intérieur et pour elle-même. Avec la vie quotidienne en communauté, je m’investissais surtout dans deux champs, l’édition régulière de la revue de recherche de l’Institut et l’enseignement dans un centre de formation de l’Église copte catholique. En 2008, je suis rentré en France et j’ai alors été recruté par le service national de l’épiscopat pour les relations avec les musulmans. Je travaille également pour promouvoir les relations interreligieuses dans mon diocèse à Tours.

Cet investissement en faveur des relations avec les musulmans influence-t-il ta manière de prêcher l’Évangile ?

 Disons que cela m’a rendu attentif à plusieurs choses : d’abord que le Salut peut se comprendre comme une relation, une guérison des relations, le mystère d’une communion qu’il s’agit à la fois de guetter, de recevoir et de vivre même quand c’est laborieux.

J’ai été profondément touché aussi par ce que j’appellerais l’universelle beauté de l’humanité. À travers des cultures tellement différentes, des langues si variées, des religions vraiment multiples, l’être humain se révèle d’une exceptionnelle profondeur, capable d’amour, d’amitié, de grandeur, de beauté.

De mes parents, j’avais déjà reçu un regard avant tout positif sur les personnes. Notre père saint Dominique et mes frères dominicains ont incarné ce regard. Ma vie égyptienne l’a décuplé.

Devant les difficultés actuelles et l’état du monde, je veux persévérer, regarder toute personne avec ce regard-là, oser la confiance.

Dans tes méditations que nous allons découvrir, tu insistes sur le thème du monde à construire, c’est un beau thème pour nous préparer à Noël. Quelle est la place de l’enfant de la crèche dans ce monde à venir ?

L’enfant de la crèche met devant nos yeux d’abord tous les enfants à qui nous devons léguer un monde vivable. Je ne sais pas si nous mesurons à quel point Jésus, né petit enfant parmi nous, nous place devant nos responsabilités.

Le petit enfant de la crèche met aussi en lumière bien des dysfonctionnements de la communauté humaine, bien des scandales. Devant ce petit enfant, on mesure mieux encore l’horreur qui se produit, violences, magouilles, soif de pouvoir, discours mensonger, démission et indifférence là où il faudrait faire face. Lumière difficile à supporter peut-être, mais combien salutaire. Ce petit enfant est une lumière dans le chantier du monde, regard lumineux qui croit en l’homme : il remet chacun à sa place et il rend nos cœurs enfin féconds.

Qu’est-ce qui t’a poussé à développer ce thème durant cette retraite ?

 Je porte ce thème en moi depuis très longtemps. Ma conviction est que, pour le christianisme, Dieu remet vraiment l’homme dans la pleine conscience de sa vocation, le rend capable d’assumer un rôle qu’il a voulu lui confier au commencement du monde. Il fait de nous plus que des partenaires en réalité, je suis persuadé qu’il nous veut complices de son projet d’amour et de paix, et il attend notre contribution, notre inventivité, sans aucun doute.

Interview de Catherine Motte

Catherine Motte anime notre deuxième semaine de retraite. C’est un nouveau départ, une nouvelle semaine. Avec elle, nous marcherons sur un chemin intérieur. Chacun sera invité à descendre jusqu’au fond de lui-même, c’est là que le Seigneur vient faire sa demeure.

dsc_0074-1Catherine, que souhaites-tu partager avec les internautes de Retraite dans la Ville qui souhaitent mieux te connaître ?

Je ne sais pas quoi dire et je n’ai pas forcément envie de me faire connaître, après tout, ce n’est pas moi l’important ! Je mettrais bien un faux nom et une fausse photo…

Aller voir sur le « carême dans la ville 2016 » le témoignage commis lors de la semaine des parents d’enfants extra-ordinaires ?

Dans tes méditations, tu nous aides à descendre en nous-mêmes pour aller trouver Dieu. Peut-être est-ce typiquement féminin de vivre les événements de l’intérieur ? Penses-tu que cela vaut aussi pour la foi ?

N’étant pas une théologienne de haut vol, je ne pouvais pas vous emmener dans des hauteurs sidérales, alors je vous ai entraînés dans un voyage intérieur, en profondeur, là où Dieu vient s’accrocher à vous. On me dit que c’est typiquement féminin, mais je crois que c’est valable pour tous. Accueillir Dieu en soi est une gestation. L’avent nous le rappelle avec Marie qui nous montre à tous le chemin. Je vous ai entraînés dans mon chemin de conversion. Mais la conversion… n’est-ce pas une affaire de tous les jours ?

Qu’est-ce que tu retiens de ce thème « viens habiter parmi nous », quel est le message principal que tu aimerais nous communiquer ?

Dans : « viens habiter parmi nous », je retiens d’abord : « viens habiter en nous », alors le regard change et nous pouvons voir Dieu en l’autre et dans nos relations, dans nos actes.

Que pourrais-tu partager avec nous sur cette expérience de prédication sur Internet avec Avent dans la Ville ?

Quand on m’avait dit : « je vais, un jour, te demander de prêcher », j’avais répondu : « surtout, inutile de me demander cela, je refuserai ». Et quand le frère Xavier me l’a vraiment demandé, je n’ai pas pu refuser. Il a fallu alors que je dépasse mes pudeurs, pour livrer un peu de ma relation à Dieu pour l’offrir aux internautes. Il faut s’arrêter, chercher, creuser, se demander ce qui vaut le coup d’être diffusé, ce qui peut toucher les autres, les rejoindre ou peut-être même leur offrir un champ d’investigation spirituelle. Tout cela, en restant vraie. Ensuite, présenter son travail aux autres prédicateurs, passer sous les fourches caudines de leurs jugements. Exercice très intéressant cependant, dans le respect de chacun, en ayant comme point de mire le lecteur. En espérant qu’il y trouvera un petit viatique pour sa route vers Noël.

 

Interview du frère Christophe Boureux

Frère Christophe Boureux est le prédicateur de notre première semaine de retraite. Il ouvre pour nous le chemin qui nous conduira à la fête de Noël.

dsc_0088Pour cette première semaine de retraite, tu nous fais entrer chez toi en nous faisant passer par le jardin. On y entre et on y reste un moment ! Dans tes méditations, tu nous rends attentifs au monde créé. Comment t’est venue cette sensibilité particulière à l’écologie ?

Étant d’origine rurale, ce doit être un peu dans mes gènes et ça attendait de ressurgir au bon moment après un détour très théorique en philosophie et en théologie. Le livre de la Genèse dans la Bible nous présente Dieu de manière originelle, à la racine de toute parole, comme établissant un jardin où il nous dit : devenez humain en dépit et contre toutes les formes du mal qui vous déshumanise. Ma réflexion chrétienne sur l’écologie est la conséquence logique de cette exigence d’écouter la parole de Dieu en cherchant à devenir plus humain sur la terre, sur notre planète unique avec toutes les créatures humaines et non humaines qui y habitent. Le jardin est par définition entouré d’une clôture et cela signifie : on ne devient humain qu’avec ses limites : celles de sa personnalité, celles de ses possibilités, celles des personnes et du monde dans lequel nous vivons.

Tu es jardinier ou tu es théologien ?

Les deux ! Effectivement, je partage mon temps et mon énergie entre des activités de paysagiste forestier et puis mes cours et mes travaux de théologie. Le jardinage est pour moi la réponse concrète à la conviction que si on ne pratique pas régulièrement une activité manuelle ou physique qui nous met en contact, en dialogue, avec les choses matérielles, on perd une part importante de sa capacité d’humanisation. C’est le va-et-vient entre l’étude dans les livres et avec les étudiants et puis, d’autre part, la pensée avec les choses, le bois, la débroussailleuse, les bûcherons qui me paraît utile et réaliste. C’est évident pour beaucoup de gens quand on fait le ménage ou la cuisine, mais il faut mettre en évidence et goûter la dimension spirituelle et humanisante de ces activités trop souvent bêtement méprisées.

Tu as publié un livre dont le titre est « Dieu est aussi jardinier. La Création, une écologie accomplie »(Cerf, 304 p.). La figure du Christ a une place importante dans ton ouvrage. Cette fête de Noël qui approche nous aide-t-elle selon toi à voir le monde autrement ?

Oui, je suis convaincu que nous n’avons pas encore mesuré toute la portée de la figure du Christ Jésus pour comprendre comment nous, les chrétiens, nous affirmons que le monde, l’univers est une création. Nous en restons trop souvent à un Dieu lointain et fabricateur. Le Christ « premier-né de toute créature » comme dit saint Paul, est le modèle de notre relation à Dieu, ça, c’est évident ; de notre relation aux autres, on en est facilement convaincu et on s’y efforce sans cesse avec la grâce de Dieu ; de notre relation à nous-mêmes, il est bon que la psychologie nous le rappelle et nous guide ; et enfin aux autres créatures non humaines, ce qui reste encore beaucoup à découvrir. Cette dernière des quatre relations que le pape François dans Laudato si’ a empruntées à saint François d’Assise, est celle que nous cherchons à creuser avec mes collègues de la Chaire Jean Bastaire qui propose une réflexion chrétienne sur l’écologie. Pour moi, le Christ Jésus nous entraîne à considérer toute créature comme notre prochain, c’est-à-dire à être en responsabilité et en échange avec toutes les créatures. Le dialogue entre les anges, les moutons, l’âne et le bœuf dans la crèche de Noël en constitue une belle invitation.

 

La communauté de Lille

IMG_6529Le couvent de Lille est le lieu de la Province Dominicaine de France qui élabore et met en place des sites Internet pour offrir la Parole de Dieu, méditée et ouverte sur le monde. De 2003 à 20010, les jeunes frères en formation de Lille ont imaginé, créé et animé la période de Carême avec le site Retraite dans la Ville . Mais à partir de 2011, devant la forte demande des internautes, Retraite dans la Ville est devenue une famille de sites offrant tout au long de l’année la parole de Dieu méditée à plus de 100 000 internautes aujourd’hui.L’avent de cette année est la 3° édition et la carême précédent a réuni plus de 80 000 internautes. La famille de Retraite dans la ville, Ce fut, par ordre d’apparition sur la toile, Psaume dans la Ville  qui a réuni près de 50 000 retraitants en 2012 et 2013. Nous avons eu aussi la joie de proposer Dimanche dans la Ville depuis le mois de septembre 2013. Puis, en octobre 2013, avec Prière dans la Ville près de 34 000 personnes se portent désormais mutuellement dans la prière chaque semaine. Signe dans la Bible a été lancé en juin dernier et regroupe plus de 40 000 inscrits. Enfin, le dernier né est Théobule pour le public des 6/11 ans … et leurs parents ! La communauté de Lille porte ce projet Retraite dans la Ville et plusieurs frères y sont particulièrement engagés. Le visage de notre communauté est également marqué par une autre activité importante qui concernent les étudiants laïcs que nous accueillons au foyer saint-Dominique et qui rassemblent 40 étudiants. Les autres frères de la communauté sont chargés de la formation, ou en ministère apostolique (hôpital, étudiants, retraites) et de présence bienveillante et plus priante encore pour ceux qui ont atteint l’âge de la retraite.