Carême

Vidéo Carême dans la Ville

La danse des corps

La danse est la louange du corps. Pour le psalmiste, la danse manifeste la vitalité, l’abondance de la vie. Pas étonnant que les pères de l’Église décrivent la communion trinitaire comme une danse. Qui mieux que le peuple d’Afrique peut nous introduire dans cette exaltation ?

Interview du frère Jean-Pierre Brice Olivier

Pour cette première semaine du carême 2017, le frère Jean-Pierre Brice Olivier nous fait entrer de plein-pied dans le mystère de notre corps façonné par une parole créatrice.
CDLV 2017 - Image Site (Interview Frère Jean-Pierre Brice Olivier)
  Frère Jean-Pierre Brice, tu parles dans une méditation de « vraie parole », quel lien entretient elle avec le corps ?

La parole est toujours située dans la rencontre d’un autre, l’échange avec lui. La parole est adressée à quelqu’un et doit être reçue. Elle est constamment dans le risque, menacée d’indifférence, de jugement ou pas entendue*. Elle doit être incarnée, liée au corps — le tout de l’être humain —, parce qu’elle est lui qui parle, tout lui qui se dit. Sinon elle est du baratin.

* Voir le film Juste la fin du monde, Xavier Dolan, 2016

Tu as écrit un livre intitulé « Oser la chair* », comment t’est venue l’idée d’écrire ce livre ?

Ce sont les gens qui me connaissent qui me l’ont commandé ! Depuis 35 ans je prêche l’incarnation, celle du Christ et la nôtre. C’est l’essentiel de la foi chrétienne : Dieu fait chair ; la résurrection de la chair ; l’eucharistie, chair de Dieu. Je crains que les croyants oublient qu’il s’agit du cœur de notre foi, alors, je n’ai rien d’autre à leur annoncer.

* Oser la chair, Cerf, Paris, 2014. Prix du livre de spiritualité 2015 Panorama / La Procure

Au cours de ta vie, comment a évolué ta compréhension de la parole de Jésus « Ceci est mon corps » ?

J’ai d’abord entendu ces mots au premier degré, avec un grand vertige, comme beaucoup d’enfants sans doute. Plus tard, j’ai pensé que c’était plus un symbole, un signe, une manière de dire. Aujourd’hui, je me dis que c’est vrai, la vérité. Jésus — Dieu fait chair — avant que les hommes et la mort tentent de l’anéantir, a voulu nous faire ce don de son corps toujours vivant. Dieu dans le pain, c’est impossible à expliquer.

Le corps en jeûne

Si Jésus a jeûné, alors ça ne doit pas être mauvais pour nous. Autant il est bon pour l’homme de manger, autant il est bon aussi parfois de jeûner pour se nourrir autrement. Alain, Stéphanie, Jean-Christophe nous racontent leur expérience.

 

Et puisque l’Église nous y invite, si pendant ce carême vous souhaitez jeûner, voici quelques conseils sur « Comment jeûner »

frère Benoît

Comment jeûner ?

Il existe une multitude de jeûnes possibles : jeux vidéos, télévision, tabac. Tous ont leur fécondité. Ici, nous nous limiterons au jeûne de nourriture. Tout d’abord, jeûner doit toujours être libre et volontaire, il ne s’impose pas. Jésus n’a jamais même demandé à ses disciples de jeûner. Ensuite, le jeûne n’est pas indiqué pour tout le monde. Ayez du bon sens, vérifiez si jeûner est compatible avec vos capacités physiques, votre santé, votre âge et vos activités. Il n’est pas judicieux de jeûner la veille d’un match de foot !

Jeûner en groupeHBB_pain_pomme_chocolat

Il est toujours plus facile et plus riche de jeûner à plusieurs. Regardez autour de vous peut-être y a-t-il des groupes organisés qui jeûnent ou qui proposent des repas « pain pomme », « bol de riz ». Certaines rencontres de carême proposent des partages de ce type.

 

Se nourrir autremimage jeûne nourritureent

Nous jeûnons pour nous nourrir autrement. Si vous décidez de ne pas manger lors d’un repas, donnez du sens au temps libéré : partagez avec ceux qui ont besoin, méditez la Parole de Dieu ou un autre texte spirituel, priez en silence ou avec des psaumes, participez à une eucharistie si c’est possible pour vous. Ne perdez pas de vue l’objectif du jeûne : grandir en charité, s’approcher de Dieu, des autres et de vous-même (cliquez ici pour approfondir).

En pratique

Vous pouvez pratiquer l’abstinence c’est-à-dire vous abstenir de manger un type de nourriture : viande, alcool, boissons sucrées, ou pratiquer le jeûne c’est-à-dire manger peu ou pas pendant la durée de votre choix. Les jeûnes de 12-14h sont possibles soit de l’après-midi 16h jusqu’au lendemain matin, soit du soir jusqu’au lendemain midi.

Les jeûnes de longue durée

Faites vous aider pour ce type de jeûne plus délicat. L’idéal est de vous joindre à un groupe qui a de l’expérience (voir ci-dessous). Sinon, il existe des livres pratiques sur ce sujet (voir ci-dessous) ou téléchargez cette fiche conseil écrite par Jean-Christophe Normand.

Informations utiles

Interview de frère Jean-Baptiste Rendu

Le frère Jean-Baptiste Rendu est le premier prédicateur du carême 2017. Avec ses trois méditations, il ouvre pour nous le chemin qui nous conduira à la lumière de Pâques.
fr. Jean-Baptiste Rendu
  Au cours de ta vie, comment a évolué ta compréhension de la parole de Jésus « Ceci est mon corps » ?

Plus j’entends cette parole de Jésus, plus je m’interroge, ne sachant plus très bien de quel corps il s’agit : est-ce le corps de Jésus, le mien, le corps de celui qui souffre ? Il y a trois ans, j’ai eu le bonheur de passer plusieurs mois aux Philippines, visitant les prisonniers et les enfants des rues. Lors de ces rencontres, résonnait souvent cette parole : « Ceci est mon corps », comme une invitation à reconnaître dans ces personnes le visage divin de Jésus, ce Dieu qui « s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » (2Co 8,9).

Tu as lancé il y a quelques mois, avec les frères étudiants de Lyon, la « Cave des Dominicains ». Peux-tu nous présenter le projet et ce que tu as découvert ?

Ce projet apostolique est né de la dynamique d’un groupe de jeunes lyonnais parti aux JMJ de Cracovie avec les frères dominicains et le diocèse de Lyon. Ouverte une soirée par semaine, la Cave se veut être un lieu de rencontres informels et de débats où l’on ose parler de tout, y compris de foi. Le tout autour d’un verre, dans une ambiance conviviale et fraternelle. Chaque soirée se termine par la lecture de l’évangile du dimanche et la prédication d’un frère.
Frère Jean-Baptiste, tu parles de l’Eucharistie comme un corps-à-corps avec le corps glorieux du Christ, qu’est ce que cela veut dire pour toi ?

Pour moi, l’Eucharistie n’est pas simplement une nourriture de l’esprit, mais une nourriture véritable pour toute la personne que je suis : corps, coeur et esprit. A chaque Eucharistie, je veux croire que le Seigneur, par son corps glorieux, me renouvelle totalement pour être son fidèle ami et un authentique serviteur de mon prochain.