frère nicolas burle

Frère Nicolas Burle

    Entré chez les Dominicains en 2007 après une école de commerce, le frère Nicolas Burle vit au couvent de Tours où il est engagé au sein de l’équipe de catéchuménat et dans la pastorale des jeunes du diocèse de Tours. Il est aussi l’heureux aumônier national des louveteaux (SUF)

Frère Nicolas, tu accompagnes à Tours les catéchumènes. Est-ce qu’ils t’apprennent à comprendre la foi comme une marche ?

Tout à fait ! Les adultes qui demandent le baptême vont vivre de grandes étapes (entrée en Église, Appel décisif, scrutins durant le Carême et baptême à Pâques) tout en marchant à leur rythme durant ces mois ou ces années de préparation. La marche nous apprend à prendre le temps en retrouvant le goût du temps long. C’est une expérience très profonde aussi pour les chrétiens qui accompagnent des catéchumènes : tout n’est pas prêt en un jour, il faut du temps pour découvrir Jésus, apprendre à prier, se convertir et entrer dans la culture de la communauté chrétienne. Catéchumènes et accompagnateurs vont donc devoir cheminer ensemble pas à pas avec Dieu.

Comment la lecture de la parole de Dieu vient aussi et plus directement te mettre en marche ?

Dans la Bible, j’ai le sentiment que l’on passe beaucoup de temps sur les chemins et aussi à table. Voilà deux images qui me parlent profondément ! Le chemin comme lieu où l’on se bouge concrètement, on l’on avance parfois sans trop savoir où l’on va mais où l’on est rarement seul. C’est pour moi la figure de la vie chrétienne comme pèlerinage vers le ciel qui s’impose quand je lis la Bible. Mais aussi cette importance du repas que l’on ne prend pas en marchant, pas à la va vite. On se pause, on se repose, on se rassemble. On perd certes du temps par rapport aux marcheurs pressés mais il n’existe pas de vie de foi sans recueillement. La messe est pour moi ce repas vital et nécessaire.

Tu rencontres aussi beaucoup de jeunes à travers le scoutisme. Quel signe d’espérance vois-tu en eux ?

Frère Nicolas BurleLe scoutisme, c’est la joie ! Par les jeux, les marches (!), les veillées, les services, les scouts vivent une grande et belle aventure. J’observe ainsi sur les visages des chefs et des cheftaines des sourires que je ne vois pas souvent ailleurs. Tous ces jeunes ont compris que « le véritable chemin du bonheur est de donner celui-ci aux autres », comme le disait Baden-Powell, fondateur du scoutisme, dans son dernier message. Mon espérance est que cette jeune génération chrétienne du feu de Dieu réchauffe enfin nos pays refroidis et endormis !