Vidéo retraite de l'Avent 2016

Vidéo Avent dans la Ville 2016

Interview de frère Jean-François Bour

Frère Jean-François Bour, du couvent de Tours, est le troisième prédicateur de notre retraite. Avec lui, la venue de Dieu ne fait pas de nous des passifs -inactifs. C’est le message qu’il veut nous transmettre. En venant parmi nous, Dieu nous transforme en ses collaborateurs.

dsc_0065Frère Jean-François, après un long passage en terre musulmane tu vis à nouveau en France. Pourrais-tu nous retracer les grandes étapes de ton parcours ?

Je suis né en Lorraine en 1970 dans une famille de tradition rurale et ouvrière. Au cours de mes années d’études en sciences politiques à Strasbourg, j’ai mieux découvert l’ordre des dominicains. Leur synthèse des dimensions contemplative, intellectuelle et apostolique m’attirait énormément et j’avais une grande soif d’annoncer l’Évangile. Étant donné que j’ai fait 2 années de coopération en Égypte après le noviciat, le provincial de l’époque m’a tout naturellement demandé si j’acceptais de me préparer à y vivre. L’Égypte m’avait beaucoup marqué, séduit même, et j’ai répondu oui joyeusement. Avec d’autres frères, nous avons donc commencé à apprendre l’arabe, d’abord en France puis en Égypte carrément. Cet apprentissage de la langue et l’immersion en Égypte ensuite, car j’y fus assigné, m’ont passionné. Au Caire, dans l’Institut dominicain d’études orientales, il s’agissait de rencontrer les gens dans leur diversité, de poursuivre le travail de nos prédécesseurs et de continuer à étudier la pensée musulmane en la regardant de l’intérieur et pour elle-même. Avec la vie quotidienne en communauté, je m’investissais surtout dans deux champs, l’édition régulière de la revue de recherche de l’Institut et l’enseignement dans un centre de formation de l’Église copte catholique. En 2008, je suis rentré en France et j’ai alors été recruté par le service national de l’épiscopat pour les relations avec les musulmans. Je travaille également pour promouvoir les relations interreligieuses dans mon diocèse à Tours.

Cet investissement en faveur des relations avec les musulmans influence-t-il ta manière de prêcher l’Évangile ?

 Disons que cela m’a rendu attentif à plusieurs choses : d’abord que le Salut peut se comprendre comme une relation, une guérison des relations, le mystère d’une communion qu’il s’agit à la fois de guetter, de recevoir et de vivre même quand c’est laborieux.

J’ai été profondément touché aussi par ce que j’appellerais l’universelle beauté de l’humanité. À travers des cultures tellement différentes, des langues si variées, des religions vraiment multiples, l’être humain se révèle d’une exceptionnelle profondeur, capable d’amour, d’amitié, de grandeur, de beauté.

De mes parents, j’avais déjà reçu un regard avant tout positif sur les personnes. Notre père saint Dominique et mes frères dominicains ont incarné ce regard. Ma vie égyptienne l’a décuplé.

Devant les difficultés actuelles et l’état du monde, je veux persévérer, regarder toute personne avec ce regard-là, oser la confiance.

Dans tes méditations que nous allons découvrir, tu insistes sur le thème du monde à construire, c’est un beau thème pour nous préparer à Noël. Quelle est la place de l’enfant de la crèche dans ce monde à venir ?

L’enfant de la crèche met devant nos yeux d’abord tous les enfants à qui nous devons léguer un monde vivable. Je ne sais pas si nous mesurons à quel point Jésus, né petit enfant parmi nous, nous place devant nos responsabilités.

Le petit enfant de la crèche met aussi en lumière bien des dysfonctionnements de la communauté humaine, bien des scandales. Devant ce petit enfant, on mesure mieux encore l’horreur qui se produit, violences, magouilles, soif de pouvoir, discours mensonger, démission et indifférence là où il faudrait faire face. Lumière difficile à supporter peut-être, mais combien salutaire. Ce petit enfant est une lumière dans le chantier du monde, regard lumineux qui croit en l’homme : il remet chacun à sa place et il rend nos cœurs enfin féconds.

Qu’est-ce qui t’a poussé à développer ce thème durant cette retraite ?

 Je porte ce thème en moi depuis très longtemps. Ma conviction est que, pour le christianisme, Dieu remet vraiment l’homme dans la pleine conscience de sa vocation, le rend capable d’assumer un rôle qu’il a voulu lui confier au commencement du monde. Il fait de nous plus que des partenaires en réalité, je suis persuadé qu’il nous veut complices de son projet d’amour et de paix, et il attend notre contribution, notre inventivité, sans aucun doute.

Apprendre la tendresse, par Jean Vanier

Découvrez la troisième vidéo exclusive de Jean Vanier

La manière dont on considère la faiblesse de l’autre renvoie chacun à sa manière d’envisager sa propre fragilité. L’Arche offre une école  de vie où l’on apprend la tendresse.

Chacun découvre qu’il a besoin non seulement d’un plus petit mais aussi d’un plus grand que soi.

Jeudi prochain : une nouvelle vidéo témoignage de Jean Vanier…..

L’Arche dans le Nord de la France

20161108_150256_1478613876473Christian, tu es directeur de la communauté de L’Arche de Wambrechies dans le Nord. Quels sont les grandes étapes de ton parcours personnel ?

J’ai 40 ans, marié et père de 5 enfants Paul, Jean, Baptiste, Louise et Rose. Mon parcours est « classique ». J’ai grandi dans un milieu simple avec une famille aimante. Après mes études, j’ai travaillé dans un cabinet de conseil tout en nourrissant un engagement associatif avec les communautés de Foi & Lumière et une communauté de l’Arche près de Nantes pour un poste de gestion. C’est quelques années plus tard, après avoir été appelé par l’Arche du Sénevé, que j’ai pris conscience que l’Arche était plus qu’un engagement associatif, mais un appel pour moi et ma famille qui allait transformer notre vie.

Il y a 2 ans, on m’a appelé à prendre la responsabilité de la communauté de l’Atre à Wambrechies. Un défi de s’inscrire dans une histoire riche et passionnante, un défi par rapport aux appels du monde d’aujourd’hui.

Comment se caractérise la vie au sein de la communauté ?

La communauté de l’Atre comprend 3 foyers et un centre d’accueil de jour. Il y a 29 personnes adultes avec un handicap mental qui sont accueillies soit en foyer, soit comme externe, soit les deux. Certaines personnes travaillent en ESAT à l’extérieur en journée. C’est un établissement médico-social à part entière

Lire la suite »

Bienheureux qui m’écoute

Découvrons la seconde vidéo de Domini Cantores :

« Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.  »
(Jn 15, 4).

Celui qui demeure en Dieu, qui écoute sa Parole, porte beaucoup de fruit.

 

Clémence, membre des Domini Cantores, étudiante à Lille, Où souhaites-tu que le Seigneur vienne habiter ?

clemenceJ’aimerais que le Seigneur vienne habiter le cœur de chacun des hommes. Les épreuves que le monde traverse actuellement ne peuvent que renforcer ce désir. Les hommes ont besoin du Seigneur, et chacun a besoin d’espérance. Le pape François nous a demandé aux JMJ de sortir nos chaussures de marche pour ne plus être une « génération canapé ». C’est à chacun de nous de transmettre cette espérance, de montrer par nos actions de chaque jour et par notre sourire que le Seigneur est parmi nous, qu’Il est bon et qu’Il est Amour.

Qu’est-ce que représente Noël pour toi ?

Pour moi, Noël c’est le moment où le Seigneur est venu habiter parmi nous. Chaque année, Il renouvelle son amour pour nous et cela nous remplit d’une telle joie qu’on a pris l’habitude de se retrouver en famille pour fêter cette joie. Noël est un moment de paix, d’amour et de bonheur qui ne peut pas vraiment être décrit et qui est différent pour chacun de nous. En fait, c’est comme si chaque année on avait un nouveau départ, que notre amour renaissait pour être encore plus fort et encore plus beau.

Quelle importance a le chant pour toi ?

Le chant porte dans la prière. On a toujours dit que chanter, c’était prier deux fois. Quand on anime une messe ou un temps de prière, le plus beau compliment qu’une personne puisse nous faire est de nous dire que la musique et le chant ont renforcé ses prières. Le chant est une manière d’extérioriser une prière interne et peut être un moyen de transmettre la paix et la joie. Quand je chante, cela me libère et me rend sereine. Une musique est pour moi une façon de se rendre compte de la beauté, elle apaise et guérit bien des blessures.

Interview de Catherine Motte

Catherine Motte anime notre deuxième semaine de retraite. C’est un nouveau départ, une nouvelle semaine. Avec elle, nous marcherons sur un chemin intérieur. Chacun sera invité à descendre jusqu’au fond de lui-même, c’est là que le Seigneur vient faire sa demeure.

dsc_0074-1Catherine, que souhaites-tu partager avec les internautes de Retraite dans la Ville qui souhaitent mieux te connaître ?

Je ne sais pas quoi dire et je n’ai pas forcément envie de me faire connaître, après tout, ce n’est pas moi l’important ! Je mettrais bien un faux nom et une fausse photo…

Aller voir sur le « carême dans la ville 2016 » le témoignage commis lors de la semaine des parents d’enfants extra-ordinaires ?

Dans tes méditations, tu nous aides à descendre en nous-mêmes pour aller trouver Dieu. Peut-être est-ce typiquement féminin de vivre les événements de l’intérieur ? Penses-tu que cela vaut aussi pour la foi ?

N’étant pas une théologienne de haut vol, je ne pouvais pas vous emmener dans des hauteurs sidérales, alors je vous ai entraînés dans un voyage intérieur, en profondeur, là où Dieu vient s’accrocher à vous. On me dit que c’est typiquement féminin, mais je crois que c’est valable pour tous. Accueillir Dieu en soi est une gestation. L’avent nous le rappelle avec Marie qui nous montre à tous le chemin. Je vous ai entraînés dans mon chemin de conversion. Mais la conversion… n’est-ce pas une affaire de tous les jours ?

Qu’est-ce que tu retiens de ce thème « viens habiter parmi nous », quel est le message principal que tu aimerais nous communiquer ?

Dans : « viens habiter parmi nous », je retiens d’abord : « viens habiter en nous », alors le regard change et nous pouvons voir Dieu en l’autre et dans nos relations, dans nos actes.

Que pourrais-tu partager avec nous sur cette expérience de prédication sur Internet avec Avent dans la Ville ?

Quand on m’avait dit : « je vais, un jour, te demander de prêcher », j’avais répondu : « surtout, inutile de me demander cela, je refuserai ». Et quand le frère Xavier me l’a vraiment demandé, je n’ai pas pu refuser. Il a fallu alors que je dépasse mes pudeurs, pour livrer un peu de ma relation à Dieu pour l’offrir aux internautes. Il faut s’arrêter, chercher, creuser, se demander ce qui vaut le coup d’être diffusé, ce qui peut toucher les autres, les rejoindre ou peut-être même leur offrir un champ d’investigation spirituelle. Tout cela, en restant vraie. Ensuite, présenter son travail aux autres prédicateurs, passer sous les fourches caudines de leurs jugements. Exercice très intéressant cependant, dans le respect de chacun, en ayant comme point de mire le lecteur. En espérant qu’il y trouvera un petit viatique pour sa route vers Noël.