Vidéo de lancement de Marche dans la Bible

Frère Pascal Marin, prédicateur sur Marche dans la Bible

Frère Pascal Marin

Frère Pascal Marin

Dominicain depuis 1987, le frère Pascal Marin est actuellement prieur du couvent de La Tourette à Éveux (près de Lyon). Formé à la philosophie dans ses études dominicaines, il enseigne à la Faculté de Philosophie de l’Université catholique de Lyon. Sur le thème de la marche, il a publié Tes pas te portent. La spiritualité de la marche, Paris, Cerf, 2015.

Frère Pascal, tu as écrit un livre sur la spiritualité de la marche. Comment la marche à pied nourrit-elle ta recherche de Dieu ?


Pour moi, mais ça n’a rien d’original, c’est assez chrétien de voir les choses comme ça, la recherche de Dieu en passe par un approfondissement du sens de l’homme, du sens humain de vivre. Recherche de Dieu et philosophie peuvent donc coopérer. Et parlant de l’homme, c’est là que la marche, cette activité vieille comme l’homme, entre en piste. On n’en finit pas en effet de comprendre l’homme comme un être en chemin vers une terre inconnue. Cette idée, que j’aime, me parle en marchant et il me semble que c’est là pour la Bible un lieu et même le lieu par excellence où Dieu se révèle.

Souvent nous lisons trop vite la Bible. Dans tes méditations, au contraire, nous sentons une lecture attentive de la Parole de Dieu. D’où te vient ton attention aux mots du récit ?


Il faut en effet apprendre à lire lentement et donner du poids et du prix à chaque mot. Car c’est dans le mot ou plutôt dans cette mosaïque de mots que forme un texte que la pensée se donne. Les linguistes nous ont appris qu’un mot n’a pas son sens en lui tout seul. Il ne prend sens qu’au sein d’une langue, d’une pensée. Une attention à la manière biblique de voir les enjeux de notre existence, à l’originalité de son style de pensée, est donc essentielle pour recevoir ces textes. Disons un peu à la manière des Pères de l’Église, que la pensée du Christ est à trouver dans chaque mot des saintes Écritures.

Tu es le prieur d’un couvent dessiné par le célèbre architecte Le Corbusier. Comment cela influence-t-il ta manière d’être dominicain ? 


Frère Pacal Marin Le couvent de la Tourette a été créé comme Studium, c’est-à-dire couvent d’étude pour la formation des Frères. Il est situé en pleine campagne, à trente minutes à pied d’une gare et à 30 km du grand centre urbain de Lyon. Un lieu retiré, assez idéal pour l’étude. En même temps, il n’est pas coupé du monde. La renommée architecturale du bâtiment fait qu’on vient ici d’un peu partout tant géographiquement que spirituellement. J’aime l’aspect simple et un peu rude de son architecture de béton brut, très ouverte sur la nature et le paysage. C’est un lieu qui pour moi consonne fortement avec ce paradoxe d’austérité et de lumière, de joie, de rigueur et de liberté, qui est attaché à la personne de saint Dominique.

Soeur Marie Monnet, prédicateur sur Marche dans la Bible

Soeur Marie Monnet

Soeur Marie Monnet

Soeur Marie Monnet, dominicaine, vit et travaille à Bruxelles. Elle est la directrice exécutive de l’université Domuni (www.domuni.eu), responsable des études et de la recherche. Elle dirige également la maison d’édition universitaire Domuni-Press (www.domunipress.fr).

Soeur Marie Monnet, tu es la directrice exécutive de l’Université Domuni (www.domuni.eu), qui est l’université des Dominicains en ligne. Peux-tu nous dire l’enjeu d’une telle présence ?

C’est un travail très créatif ! Il mobilise les nouvelles technologies, en permanente évolution. Celles-ci obligent à préciser de nouveau les objectifs de l’enseignement, à trouver les moyens pédagogiques adaptés. Je suis très heureuse quand tout ce travail rejoint les besoins réels d’un grand nombre. La théologie ou la philosophie deviennent accessibles à tous ! On rejoint une véritable faim, un besoin vital de se former … Je pense à un étudiant de 30 ans, chrétien très minoritaire et menacé par le terrorisme au Mali, qui éprouve une soif viscérale d’étudier la Trinité ; à cette jeune maman, qui consacre le temps des siestes et des soirées, à étudier ; à ce frère de Taizé, qui a pu faire sa licence de théologie tout en vivant au Bangladesh ; à tous ces prêtres qui peuvent poursuivre leur formation permanente, jusqu’à obtenir un master, sans pour autant abandonner leur ministère ; à ce cadre supérieur qui rédige ses devoirs dans les vols long-courrier …

La flexibilité, que j’essaie de promouvoir et de mettre en œuvre, en utilisant tout le potentiel d’Internet, permet de rejoindre chacun dans des situations très diverses. Nous vivons une communion spirituelle intense ! Cette toile de relations humaines et spirituelles n’est pas clinquante mais elle permet la circulation du savoir, des idées, de la vie. Elle insuffle un dynamisme à des personnes qui se sentent un peu seules, dans leur foi et dans leur questionnement. Progressivement, et c’est l’une de mes missions avec l’équipe pédagogique, chacun est invité à trouver son propre langage, à s’approprier la réflexion de la communauté croyante, afin d’être capable de rendre compte de sa foi. C’est stimulant pour les apprenants, comme pour les formateurs !

Comment la parole de Dieu vient directement te mettre en marche ?

Mon expérience commence avec la rencontre de croyants, de communautés croyantes. En cherchant à identifier l’esprit qui les anime, je découvre que leur « secret » est l’Évangile, la Parole de Dieu. Je suis entrée progressivement dans cette Tradition immense, qui a une âme, qui est traversée par un mouvement d’ouverture et de créativité, par un souffle qui vient de loin et qui va très loin, qui fait passer à travers des expériences de résilience jusqu’à la résurrection !

La Parole de Dieu, pour moi, n’est pas un texte, c’est une parole, une parole de vie, ultimement, c’est Quelqu’un : le Verbe. Et cette parole parle au cœur, chez ceux qui me précèdent, en moi, en vous… elle éclaire les situations, elle les dénonce parfois. Elle « tranche », comme un glaive bien affuté. Elle conduit à s’indigner ou à se solidariser.  Elle me met en marche, car elle m’entraîne dans ses choix. Je ne l’entends pas directement, mais par le biais de l’étude, de la vie quotidienne, de la prédication (celle que j’écoute, celle que je peux faire), par le dialogue, par la prière, par la rumination parfois, en de simples conversations humaines. Elle me met en marche et elle sauve mon espérance.

Soeur Marie Monnet

Soeur Marie Monnet

Dans tes méditations, on comprend que la marche est liée à l’ouverture, à l’hospitalité. As-tu vécu une expérience semblable ?

C’est l’expérience, c’est le secret de ma vie dominicaine. L’itinérance apostolique est géographique, car ma mission m’appelle à circuler beaucoup. J’ai appris à voyager de plus en plus léger, avec le strict minimum, axée sur l’essentiel. Je suis membre d’une congrégation missionnaire européenne, présente en Afrique et en Amérique du Sud, avec aussi des présences au Maghreb et en Irak. Comme les apôtres, les sœurs ont toujours beaucoup voyagé. C’est notre culture commune. Il ne s’agit pas de tourisme, d’un voyage superficiel mais d’une rencontre avec des cultures, des langues, des religions différentes, qui affecte en profondeur sa propre manière de penser, de croire, de prier, d’espérer, même d’aimer. Il faut accepter, dans une première phase, de sortir de sa zone de confort, de perdre ses repères et ses appuis. Ce n’est jamais agréable de mourir un peu … pour progressivement renaitre, dans un autre écosystème. « Si le grain ne meurt, il ne porte pas de fruit ».

Quand je me déplace, je fais l’expérience de l’hospitalité. Il y a l’accueil physique : je reçois de l’eau, de la nourriture, un lit, une douche… Il y a l’accueil du cœur : en me donnant les clés de la maison, on me dit souvent : « tu es chez toi »… II y a l’accueil de l’esprit : je suis initiée à des pratiques, des modes de pensée, des organisations juridiques et politiques que j’ignorais… Il y a l’accueil de l’âme car je suis associée à différentes formes de religions, de prière, dont certaines sont parfois très émouvantes … Parfois, il faut le reconnaître, cet accueil vient à manquer. C’est cette prise de risque qui est l’acte même de la foi. On peut alors ressentir une solitude, une forme d’abandon même, et il faut tenir.

Ces voyages font de moi une véritable catholique ! Au sens étymologique du mot, c’est-à-dire une femme capable de se rendre présente dans tous les lieux, avec un cœur ouvert à l’universel ! Cette expérience de l’itinérance et de l’hospitalité est si forte pour moi que j’ai consacré ma thèse de doctorat en droit à la libre circulation des personnes. Aujourd’hui, avec la « crise des réfugiés », c’est un thème d’une brûlante actualité. Il en va de notre humanité.

Cette itinérance et cette hospitalité se pratiquent des deux côtés. Avec ma communauté, je suis aussi celle qui reçoit souvent, dans notre maison de Bruxelles, des étudiants, tout au long de l’année, des hôtes de passage, des collaborateurs, des jeunes professionnels qui viennent pour se former à la foi chrétienne au cours de soirées. Cette ouverture sur le monde est le lieu même de la vie.

L’itinéraire est spirituel. Je suis encore jeune mais je pressens que la vie est un voyage, une trajectoire, une traversée, une forme d’exil parfois. Je suis tentée de m’installer, de planter la tente définitivement, de construire des clôtures, des murs, de me protéger de l’angoisse de l’inconnu, de la mort, de m’entourer de gens que je connais, que je comprends, qui pensent comme moi, bref, avec qui je me sens bien… Mais, paradoxalement, se figer, c’est déjà être mort. On pense se protéger,  se sauver de la mort en se figeant. C’est pile l’inverse !

L’inespéré surgit de la rencontre, inattendue. Un visage amical, un sourire, un regard, une parole forte, un système de pensée intelligent, une organisation humanisée … sont autant de traces de Dieu, d’échos de son Verbe, de semences de son intelligence, de bribes de son amitié. Ces rencontres sont improbables : elles dépassent le cours naturel des choses et elles me révèlent une autre humanité, plus authentique, au-delà des intérêts, des calculs, des liens naturels du sang ou du clan. Elles me disent quelque chose de Lui, de ce qu’Il est, de ce qu’il attend de nous. Elles me disent que la vie, c’est une Relation à quelqu’un d’autre, c’est un mouvement de sortie de soi, une invitation à discuter, à bouger, à danser. Ma vie religieuse dominicaine est cette aventure, cette prise de risque, cet inconfort-là, mais aussi cette récompense déjà !

Sur « Copains d’Avant », ce site où vous pouvez retrouver vos amis d’enfance, il y a une option sur « ma vie aujourd’hui ». J’aime bien cette réponse que j’y ai lue un jour : « elle est très différente de ce que je pouvais imaginer, elle est beaucoup plus réussie ». La marche, c’est ça, la foi aussi : complètement différente de ce que l’on pouvait imaginer, beaucoup plus réussie ! Alors, confiance … les perspectives ne sont pas bouchées, aucune situation n’est définitivement figée, l’avenir est prometteur.

Frère Nicolas Burle, prédicateur sur Marche dans la Bible

frère nicolas burle

Frère Nicolas Burle

    Entré chez les Dominicains en 2007 après une école de commerce, le frère Nicolas Burle vit au couvent de Tours où il est engagé au sein de l’équipe de catéchuménat et dans la pastorale des jeunes du diocèse de Tours. Il est aussi l’heureux aumônier national des louveteaux (SUF)

Frère Nicolas, tu accompagnes à Tours les catéchumènes. Est-ce qu’ils t’apprennent à comprendre la foi comme une marche ?

Tout à fait ! Les adultes qui demandent le baptême vont vivre de grandes étapes (entrée en Église, Appel décisif, scrutins durant le Carême et baptême à Pâques) tout en marchant à leur rythme durant ces mois ou ces années de préparation. La marche nous apprend à prendre le temps en retrouvant le goût du temps long. C’est une expérience très profonde aussi pour les chrétiens qui accompagnent des catéchumènes : tout n’est pas prêt en un jour, il faut du temps pour découvrir Jésus, apprendre à prier, se convertir et entrer dans la culture de la communauté chrétienne. Catéchumènes et accompagnateurs vont donc devoir cheminer ensemble pas à pas avec Dieu.

Comment la lecture de la parole de Dieu vient aussi et plus directement te mettre en marche ?

Dans la Bible, j’ai le sentiment que l’on passe beaucoup de temps sur les chemins et aussi à table. Voilà deux images qui me parlent profondément ! Le chemin comme lieu où l’on se bouge concrètement, on l’on avance parfois sans trop savoir où l’on va mais où l’on est rarement seul. C’est pour moi la figure de la vie chrétienne comme pèlerinage vers le ciel qui s’impose quand je lis la Bible. Mais aussi cette importance du repas que l’on ne prend pas en marchant, pas à la va vite. On se pause, on se repose, on se rassemble. On perd certes du temps par rapport aux marcheurs pressés mais il n’existe pas de vie de foi sans recueillement. La messe est pour moi ce repas vital et nécessaire.

Tu rencontres aussi beaucoup de jeunes à travers le scoutisme. Quel signe d’espérance vois-tu en eux ?

Frère Nicolas BurleLe scoutisme, c’est la joie ! Par les jeux, les marches (!), les veillées, les services, les scouts vivent une grande et belle aventure. J’observe ainsi sur les visages des chefs et des cheftaines des sourires que je ne vois pas souvent ailleurs. Tous ces jeunes ont compris que « le véritable chemin du bonheur est de donner celui-ci aux autres », comme le disait Baden-Powell, fondateur du scoutisme, dans son dernier message. Mon espérance est que cette jeune génération chrétienne du feu de Dieu réchauffe enfin nos pays refroidis et endormis !

La vidéo de lancement – Marche dans la bible

Nous sommes heureux de partager avec vous cette vidéo qui marque le début de Marche dans la Bible.

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Pour partager cette vidéo, copiez et collez le lien suivant :
http://journal.retraitedanslaville.org/video-de-lancement-marche-bible/

Frère Thierry Hubert

Interview du frère Thierry Hubert

fFrère Thierry Hubert

Frère Thierry Hubert

Après les retraites Psaume dans la Ville et Signe dans la Bible, le frère Thierry Hubert et toute l’équipe de Retraite dans la Ville vous proposent de cheminer avec les grands personnages bibliques dans leur découverte de Dieu.
Les personnages bibliques sont des marcheurs, en quête de Dieu qui se révèle dans leur itinéraire.

Comment avez-vous eu l’idée de Marche dans la Bible ?

Après le succès de Psaume dans la Ville et Signe dans la Bible, nous avons voulu privilégier une approche plus linéaire de la parole de Dieu,
à travers 23 portraits d’hommes et de femmes de la Bible. Dans un monde où paradoxalement, les phénomènes migratoires et le repli sur soi sont en progression, nous avons voulu montrer que la Bible met en mouvement tous ceux que Dieu appelle. Tous se mettent en marche, deviennent étrangers accueillis ou rejetés, hôtes de passage, en quête d’une terre nouvelle, d’un ciel nouveau.

Comment un personnage biblique peut me parler aujourd’hui ?

La Bible nous présente des itinéraires de foi, souvent au gré de détours et de voies en apparence sans issue. Comment poursuivre sa route quand la mer est un obstacle ? Comment réagir devant l’adversité de ses frères ? Autant de situations qui font écho encore aujourd’hui. La Bible nous offre d’y puiser une parole, un encouragement, une espérance en montrant que Dieu vient pour nous guider.

Comment faut-il vivre cette retraite ?

Sans doute en acceptant de se laisser déplacer ! en me déplaçant, je change mon point de vue, je laisse Dieu m’ouvrir un autre chemin.

Marche dans la Bible démarrera le 16 Mai.

Pour vous inscrire, cliquez ici

Carême dans la Ville débarque à Madagascar

De l’autre côté du monde aussi, la Parole de Dieu ouvre les cœurs et réjouit les esprits.

Des retraitants malgaches du Carême dans lreceived_948192171960242 (3)a Ville se sont rassemblés avec des étudiants, des membres de la famille dominicaine et leurs proches pour une rencontre de Carême à l’université catholique de Madagascar. Cette rencontre a été organisée par la fraternité laïque dominicaine de Tananarive. Les participants ont noté la qualité des échanges et leur joie de se rencontrer. La miséricorde de Dieu ne connaît pas de frontière !

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Prier Dieu pour les vivants et pour les morts

Fr. Bernard Senelle

Fr. Bernard Senelle, op.
Couvent de Strasbourg

Le couronnement des œuvres de miséricorde, c’est de prier Dieu pour les vivants et pour les morts, d’éprouver que nous sommes ensemble, ceux qui sont encore en chemin et ceux qui sont parvenus au terme de leur route terrestre, après le grand passage. Dans la liturgie pour les défunts, il existe une belle prière : « Conduis notre frère jusqu’à sa demeure éternelle (…) Et nous qui restons ici-bas, donne-nous la force de faire de notre vie une marche vers toi… ». Les morts intercèdent pour les vivants qui en retour prient pour eux. C’est un échange, c’est ce que l’Eglise vit dans la communion des saints : au sein d’un échange mystérieux, nous recevons les uns des autres la force de croire et d’aimer.  Lire la suite »

Honorer les corps

Il y a 2000 ans, un dimanche matin, des femmes se rendent au tombeau avec des aromates pour honorer le corps d’un mort, celui de Jésus. Un geste vieux comme le monde. Et ainsi naissait la foi qui nous sauve. A Lille aujourd’hui, des hommes et des femmes honorent le corps de morts dont personne d’autre ne se souvient. Et ainsi, c’est à toute l’humanité qu’ils rendent honneur.